Publié par : Sibylline | juillet 30, 2014

Le manchot empereur gravement menacé par le changement climatique (Antarctique)

Manchots empereurs en Terre Adélie © Jenouvrier's Lab / WHOI

Manchots empereurs en Terre Adélie © Jenouvrier’s Lab / WHOI

30 Juillet 2014. Le manchot empereur est le seul animal à se reproduire durant l’hiver Antarctique. Comme ses cousins royaux, le manchot empereur ne peut pas voler et n’a pas de prédateur naturel. Bien qu’elle soit protégée, cette espèce devrait voir ses populations fortement décliner en Antarctique d’ici 2100 à cause du changement climatique : au moins deux tiers des colonies actuelles pourraient voir leurs effectifs chuter de 50%… C’est ce que montre une étude menée par une équipe internationale comprenant des chercheurs du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CNRS / Université de La Rochelle), publiée récemment dans la revue Nature Climate Change. Ces prévisions se basent sur les scénarios d’évolution de la concentration des glaces de mer de l’Antarctique en relation avec le changement climatique.

La glace de mer est cruciale pour la survie et la reproduction du manchot empereur (Aptenodytes forsteri), et au final pour la croissance de ses population. Et pour cause : cette espèce se reproduit et élève ses petits presque exclusivement sur cet élément. De plus la glace est indispensable au développement du premier maillon de la chaîne alimentaire du manchot : le phytoplancton, cet ensemble d’organismes végétaux qui tapisse le dessous de la banquise. Celui-ci est ingéré par le krill, des petites crevettes des eaux froides mangées par les poissons qui nourrissent à leur tour le manchot (qui mange aussi du krill).

En tenant compte des modèles climatiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) prédisant l’évolution future de la glace autour de l’Antarctique, Henri Weimerskirch, écologiste au Centre d’Etudes Biologiques de Chizé, et son équipe ont pu modéliser l’évolution démographique possible des 45 colonies de manchots empereurs connues en Antarctique.

Leurs résultats montrent que si le taux de croissance annuel de ces populations est majoritairement positif jusqu’en 2040, toutes les colonies vont commencer à décliner à partir de 2080. En 2100, l’espèce pourrait avoir chuté de 19%, avec 2/3 de ses populations diminuant de plus de 50%…

« C’est la première fois qu’on arrive à obtenir des prédictions d’évolution démographique globales pour le manchot empereur, concernant non pas une colonie en particulier mais l’ensemble des populations constituant cette espèce, souligne Henri Weimerskirch. Nos résultats pourraient amener l’Union internationale pour la conservation de la nature – UICN – à classer le manchot empereur comme ‘espèce en danger, à cause du changement climatique’ ».

Références

Projected continent-wide declines of the emperor penguin under climate change., par Jenouvrier Stéphanie, Holland Marika, Stroeve Julienne, Serreze Mark, Barbraud Christophe, Weimerskirch Henri et Caswell Hal, publié dans Nature Climate Change le 29 juin 2014

Ndlr Sibylline : pour les climato-sceptiques :

Contact chercheur : Henri Weimerskirch, Centre d’études biologiques de Chizé – CEBC (CNRS / Université de La Rochelle)

Tél. : 05 49 09 78 15
Email : henri.weimerskirch@cebc.cnrs.fr

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