Publié par : Sibylline | juillet 24, 2014

Le Concordia, épave de tous les records (mer Méditerranée)

Le Concordia quitte l'île du Giglio, mercredi. (Photo Alessandro Bianchi. Reuters)

Le Concordia quitte l’île du Giglio, mercredi. (Photo Alessandro Bianchi. Reuters)

24 Juillet 2014 (Dino Di Meo). Le mastodonte, déjà record en soi avant qu’il ne s’échoue, fait l’objet d’un des remorquages les plus complexes et coûteux de l’histoire.

Le projet de ramener le Costa Concordia dans le port de Genova Voltri est sans aucun doute le plus grand remorquage de l’histoire de la marine marchande. L’armateur Costa Crociere, propriété du groupe américain Carnival Corporation and PLC, a employé les grands moyens pour remettre le paquebot à flot et lui faire quitter les eaux protégées de l’île du Giglio. Il en allait de sa réputation sachant que Costa, même après l’erreur fatale commise par le capitaine Schettino qui avait causé la mort de 32 passagers en janvier 2012, n’a cessé de communiquer pour se racheter. Le Concordia, qui est resté 900 jours accroché à un rocher situé à quelque 200 mètres de l’entrée du port du Giglio, a été investi par les plus grands spécialistes maritimes. Plus de 500 personnes de 26 nationalités différentes y ont travaillé 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, aussi bien sous l’eau que sur l’eau afin d’appliquer un plan de sauvetage des plus osés.

Jusqu’en septembre dernier et le redressement du navire, le coût des opérations était estimé par Costa Crociere à plus de 500 millions d’euros, soit le prix de construction de ce navire de luxe. Lorsqu’on y ajoute les études environnementales, le déplacement vers Gênes et son démantèlement, ce prix a été multiplié par trois.

Car le Concordia, baptisé en septembre 2005, est déjà un record en soi, avant même qu’il ne s’échoue. Son poids à vide équivaut à 110 Boeing 747 ou encore 30 mille tonnes d’acier, soit quatre Tour Eiffel. Il comporte 4000 kilomètres de câbles électriques et assez de teck pour recouvrir deux terrains de football. Mais le Concordia c’était aussi 58 suites avec balcon, 13 bars, 5 restaurants et 4 piscines. Jamais un navire aussi grand ne sera revenu mourir au port qui l’avait fait naître.

Jeudi, le convoi qui accompagne ce mastodonte des mers long de 290 mètres pour 62 mètres de large, si l’on compte la largeur des caissons géants qui lui permettent de rester à flots, est arrivé à la latitude de Bastia vers 16 heures (voir la situation du bateau en temps réel ici), toujours tracté à une vitesse inférieure à 2 nœuds par deux remorqueurs de haute mer et accompagné d’une douzaine de bateaux d’assistance prêts à intervenir en cas de pépin.

Un peu plus à l’est, à bord du navire militaire Jonquille, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal attendait le passage du paquebot, quand plus près des côtes, quelques embarcations corses allaient converger vers Bastia pour protester au nom de «Salvemu u nostru mare» (sauvons notre mer). Dans la matinée, un autre bateau, sans doute de l’armée française, s’était approché du convoi avant d’être arrêté par un patrouilleur des Guardia Costiere à bord duquel devait également se trouver Nick Sloane, le maître d’œuvre de toute l’opération de renflouement.

A Gênes, on est également sur le pont. Dès l’arrivée de l’épave, le port et le plan d’eau seront bouclés, avec une zone rouge décrétée à partir de dimanche à 4 heures du matin. Le Concordia sera ensuite vidé de tous les produits qui se trouvent encore à bord. Ceux-ci seront analysés, déplacés et éliminés. L’opération de nettoyage devrait durer quatre mois. Ensuite, le bateau sera déplacé à un autre endroit pour la démolition proprement dite. Selon les autorités chargées de cette opération, le paquebot devrait être recyclé à plus de 80%.

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