Publié par : Sibylline | juin 26, 2014

Une neige pas très blanche au Groenland

albedo-groenland26 Juin 2014. Deuxième plus grande île de la planète après l’Australie et classé au douzième rang mondial des pays et territoires pour sa superficie de plus de 2 millions de km2, le Groenland est remarquable par l’importance des glaciers qui le composent. La calotte glacière ou inlandsis recouvre environ 80 % de la surface de l’île avec par endroit une épaisseur de 3 000 mètres. En fonction des estimations scientifiques, la fonte totale de l’inlandsis du Groenland entraînerait une élévation de 6 à 7 mètres du niveau des mers et océans.

Des scientifiques du CNRM-GAME (Météo-France/CNRS) et du LGGE (CNRS/Université Joseph Fourier Grenoble) ont publié le 8 juin 2014 dans le magazine Nature Geoscience une étude sur l’évolution de l’absorption de l’énergie solaire par la surface de la calotte groenlandaise. Via des images satellites, à la fois dans le visible et dans l’infrarouge, les chercheurs ont pu mesurer l’évolution de l’albédo depuis 2003. L’albédo est le rapport entre l’énergie solaire réfléchie par une surface et l’énergie solaire incidente ; à une surface parfaitement noire est attribuée une valeur de 0, alors qu’une surface parfaitement blanche a un albédo de 1. L’étude des données satellitaires démontre que, depuis 2009, (cf. graphes d’illustration) les surfaces de neige d’été et de printemps sont « moins blanches » qu’auparavant. De ce fait, la neige absorbe plus d’énergie solaire ce qui entraînerait une fonte plus rapide.

Selon les chercheurs : « Les images satellites révèlent par ailleurs des impuretés « colorées » et non noires comme le carbone suie, ce qui indique qu’elles pourraient être constituées de poussières minérales. ». Les membres de l’équipe émettent l’hypothèse que ces poussières proviendraient de la fonte plus précoce de la neige sur les hautes latitudes et seraient transportées par les vents. Ces travaux pourraient expliquer en partie la récente accélération de la fonte du Groenland.

 Si ce phénomène se confirme au cours des prochaines années, il pourrait amplifier le réchauffement climatique dans cette région du globe et accélérer la montée des mers et des océans. Le groupe de chercheurs de l’étude souhaite que ces nouveaux éléments soient pris en compte dans les prochaines estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) (1).

 1 – L’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont créé, en 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le GIEC est un organe intergouvernemental qui est ouvert à tous les pays membres de l’ONU et de l’OMM.

Ref : Contribution of light-absorbing impurities in snow to Greenland’s darkening since 2009. Dumont et al., Nature Geoscience 7, 509–512 (2014), doi:10.1038/ngeo2180

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