Publié par : Sibylline | juin 18, 2014

Cedre. Toujours au-devant du risque de pollution

18 Juin 2014. Créé dans l’émotion de la marée noire de l’Amoco Cadiz, le Cedre fête ses 35 ans. Alors que le nombre de pollutions majeures en mer a considérablement baissé, le centre d’expertise basé à Brest se justifie-t-il encore ?

Combien de personnes travaillent aujourd’hui au Centre de documentation et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre) ?

Gilbert Le Lann, directeur du Cedre depuis 2008. Nous sommes cinquante personnes basées à Brest, avec un demi-poste à Fort-de-France, en Martinique. Notre pic d’effectifs a atteint 65 au moment du naufrage du Prestige, en 2002.

En quoi le centre a-t-il évolué en 35 ans ? 
Il a évidemment accumulé de l’expérience et un certain recul sur les produits les plus courants. Nous nous sommes spécialisés dans la formation, la préparation à l’accident et la mise en place de plans d’urgence.

Comment expliquer la diminution des accidents ? 
La prévention et la répression ont fait leur oeuvre. On est passé de 30 pollutions de plus de 700 t d’hydrocarbure au moment de l’Amoco à moins de cinq aujourd’hui. Elles n’ont pas lieu sur nos côtes et nous intervenons parfois très loin de notre base.

Votre mission se justifie-t-elle encore ?
Il y a encore beaucoup à faire pour traiter les milliers de conteneurs qui tombent à la mer et traiter les produits dangereux dont le contact avec l’eau ou les diverses interactions peuvent représenter un risque. Et puis, on n’est jamais à l’abri d’une catastrophe majeure sur nos côtes.

De quel genre de risque parlez-vous ? 
De toutes sortes de bateaux qui croisent au large de nos côtes. Les navires sont de plus en plus gros. Leur cargaison ainsi que le volume de carburant embarqué sont toujours plus importants. On peut toutefois se féliciter que si le trafic a été multiplié par trois depuis 1979, les catastrophes ont été diminuées par six.

La réorganisation récente de vos services aura-t-elle une incidence sur les effectifs ?
Nous sommes passés de six à quatre services sans diminution d’effectifs. Le Cedre évolue mais il se stabilise. Notre budget de fonctionnement est de 5 M€, avec toujours la moitié de financements privés.

Ndlr Sibylline : il est regrettable que le Cedre ne s’intéresse pas aux déversements des usines et stations d’épuration via des émissaires autorisés tout le long de nos côtes !

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