Publié par : Sibylline | avril 28, 2014

Éolien en mer : qui gagnera la bataille de l’énergie et du vent ?

 Des éoliennes marines en mer du Nord, au large du Royaume-Uni. © PHOTO AFP SHAUN CURRY

Des éoliennes marines en mer du Nord, au large du Royaume-Uni. © PHOTO AFP SHAUN CURRY

28 Avril 2014. Ségolène Royal doit attribuer, probablement cette semaine, les deux parcs éoliens en mer au large du Tréport (Seine-Maritime) et de Noirmoutier (Vendée). L’enjeu est énorme pour les deux consortiums en lice, EDF-Alstom et GDF Suez-Areva.

 C’ est l’un des gros dossiers que Ségolène Royal a trouvés sur le bureau de son prédécesseur Philippe Martin en s’installant au ministère de l’Écologie et de l’Énergie. Comme elle l’a elle-même annoncé vendredi dernier, la nouvelle ministre doit trancher ces jours-ci l’appel d’offres sur deux parcs éoliens en mer, lancé par l’État en janvier 2013. Il s’agit de la deuxième fournée du plan d’équipement issu du Grenelle de l’Environnement, qui prévoit une puissance installée de 6 000 mégawatts (MW) à l’horizon 2020, soit 1 200 éoliennes au large des côtes pour 3,5 % de la consommation française d’électricité.

Un premier appel d’offres, initié en juillet 2011 (à consulter sur le site de la Commission de régulation de l’énergie), portait sur 3.000 MW répartis sur cinq zones : du nord au sud, Le Tréport (Seine-Maritime), Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles (Calvados), Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). En avril 2012, le gouvernement Fillon avait couronné EDF-Alstom pour trois sites (Fécamp, Courseulles et Saint-Nazaire), et l’alliance entre l’espagnol Iberdrola et Areva pour Saint-Brieuc (voir cette page sur le site du ministère de l’Écologie). L’appel d’offres avait en revanche été déclaréinfructueux pour Le Tréport, où seul GDF-Suez était en lice.

Le deuxième appel d’offres a remis le site du Tréport à la corbeille, avec celui qui a été choisi au large de Noirmoutier (Vendée). Il porte sur 1 000 MW au total et représente 4 milliards d’euros d’investissement. L’heure de la revanche a peut-être sonné pour le groupe présidé par Gérard Mestrallet.

Selon plusieurs sources, l’analyse des offres réalisée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) place cette fois-ci GDF Suez, associé à Areva, en tête devant le tandem EDF-Alstom. La jugement de la CRE se fonde sur trois critères : le prix de l’électricité défini par l’exploitant, le tissu industriel à terre et les créations d’emploi correspondant à la construction des parcs au large, et enfin le respect de l’environnement marin.

Mais le gouvernement n’est pas tenu par l’avis de la CRE. Il peut être tenté d’y déroger pour des raisons de stratégie industrielle. Le sort réservé à Areva est particulièrement regardé, le géant du nucléaire français s’étant engagé à faire sortir de terre plusieurs usines au Havre (Seine-Maritime) dont il reste à assurer le plan de charge. Alstom, qui a déjà trois parcs dans son escarcelle au terme du premier appel d’offres, s’implante à Cherbourg (Manche) et à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Au total, les deux appels d’offres et les six parcs concernés représenteront quelque 3 000 MW installés et 540 éoliennes. Les premières devraient êtreopérationnelles d’ici 2020. Mais on restera loin de l’objectif et du calendrier du Grenelle de l’Environnement.

Il faudra un troisième appel d’offres pour compléter le dispositif. C’est là qu’on pourrait reparler d’un parc au large du Médoc, au nord des côtes girondines. La zone avait été retenue lors d’une phase exploratoire menée en 2009. Le gouvernement n’avait pas donné suite, les conditions y étant moins favorables qu’au large des côtes plus septentrionales.

Le resserrement du plateau continental, cette zone de faible profondeur qui poursuit le continent sous les eaux, est l’un des problèmes à mesure que l’on descend vers le sud du golfe de Gascogne. Car les industriels doivent trouver, pour planter les mâts des éoliennes, des zones éloignées de plus de dix kilomètres des côtes mais à des profondeurs inférieures à cinquante mètres.

La chance de l’Aquitaine pourrait résider dans le développement de l’éolien flottant, des machines non plus arrimées au fond mais flottant sur des ballasts (voir la vidéo ci-dessous de l’Ademe). Ségolène Royal y est très favorable. Mais pour l’heure, le dispositif n’a pas atteint le stade industriel.

© PHOTO INFOGRAPHIE IDE

© PHOTO INFOGRAPHIE IDE

Ndlr Sibylline : l’éolien offshore ou comment en finir avec la biodiversité marine !

Les énergies renouvelables à laquelle appartiennent les éoliennes implantées en pleine mer (offshore) sont, par définition, des formes d’énergie dont la consommation ne diminue pas la ressource à l’échelle humaine.

En France, des appels d’offre sont lancés auprès d’entreprises afin de pourvoir les marchés. Les entreprises qui y répondent (Areva, Nass et Wind, etc…) doivent fournir, lors du dépôt de leur dossier, une étude d’impact, c’est-à-dire une étude ayant évalué les conséquences de l’activité humaine sur le milieu où les éoliennes vont être exploitées.

En premier lieu, l’on peut se poser la question de la pertinence d’une étude d’impact financée et fournie par l’entreprise sachant que si la dite étude s’avère néfaste pour l’environnement, l’appel d’offre ne sera pas remporté. Une indépendance ne serait-elle pas souhaitable ?

En deuxième lieu, pour étudier des conséquences sur un environnement, il est nécessaire d’en connaître la composition, en l’occurrence les espèces marines peuplant les endroits où seront installées les éoliennes. Aucun recensement précis des espèces marines n’existe à l’heure actuelle. On connaît la présence d’espèces endémiques en certains endroits mais cela n’a rien à voir avec un recensement à l’échelle d’occupation des parcs éoliens. A moins d’être voyants, comment peut-on évaluer un impact anthropique sur des espèces dont on ignore l’existence ?

Enfin, il faut savoir que les champs électriques et magnétiques générés par les câbles d’acheminement de l’électricité produite est une véritable arme de destruction massive sur les espèces qui y sont soumises, quelle que soit l’espèce et son habitat dans la colonne d’eau. L’enfouissement des câbles dans le sol sous-marin est souvent avancé comme solution palliative à ce phénomène. Malheureusement, cela ne résout rien, la chaleur dégagée par les dits câbles détruisant toute vie qui l’entoure.

N’oublions pas, outre la pollution électro-magnétique, la pollution sonore, que ce soit lors de la phase de la mise en place des éoliennes ou de celle de son fonctionnement (bruit des pâles transmis à la colonne d’acier, bruit des moteurs des embarcations pour l’entretien, etc…).

Bref, vous l’avez compris, la définition d’énergie renouvelable ne s’applique pas à l’éolien offshore. Quel est donc l’intérêt de nous avancer ce domaine de production d’énergie comme LA solution à notre dépense qui ne cesse de croître ? Celui de profiter à une poignée de multinationales à grand renforts de subventions publiques, peut-être ?

Plus d’infos sur l’éolien industriel :

L’éolien industriel : une absurdité écologique, économique et sociale (lien)

Bilan carbone d’une éolienne, c’est pas top ! (lien)

Source

Advertisements

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :