Publié par : Sibylline | avril 28, 2014

Échouage massif d’oiseaux marins cet hiver : le bilan

28 Avril 2014. Depuis la fin janvier et suite à de nombreuses tempêtes à répétition venues d’Atlantique, plus de 50 000 oiseaux marins se sont échoués sur le littoral européen. Un triste record jamais vu depuis au moins un siècle ! Retour sur les causes de cette hécatombe et sur la mobilisation exceptionnelle du réseau national et européen.

Un bilan historiquement élevé

À elle seule, la France totalise plus de 42 500 oiseaux échoués cet hiver, principalement des alcidés (Macareux moine, Guillemot de Troïl et Pingouin torda). Le Macareux moine a été victime d’une véritable hécatombe avec 64% des effectifs échoués. Le tiers restant concerne principalement le Guillemot de Troïl (environ 12000 individus), le Pingouin torda (1200 individus), la Mouette tridactyle (750 individus) et le Fou de Bassan (280 individus). Les départements de la Charente-Maritime et de la Vendée ont été les plus touchés par ce macabre recensement : près de 23 000 oiseaux marins échoués !

Plus de 10 000 oiseaux comptabilisés chez nos voisins européens

Les informations recueillies par le réseau BirdLife International permettent d’évaluer les pertes dans le reste de l’Europe, soit près de 10 000 individus, dont 7 125 oiseaux se sont échoués en Grande Bretagne. La RSPB (Royal Society for the protection of birds), souligne que ce phénomène reste exceptionnel. En Espagne, la SEO, représentant de BirdLife, estime que plusieurs milliers d’oiseaux se sont échoués.

Quant à nos voisins Belges (centre de sauvegarde d’Ostende) et Portugais (Sociedade Portuguesa para o Estudo das Aves – SPEA) ils n’ont collecté qu’une centaine d’oiseaux sur leur littoral. Ce sont principalement des oiseaux mazoutés, transférés en centres de sauvegarde.

En France aussi de nombreux oiseaux mazoutés ont été retrouvés sur les plages du Morbihan et en Charente-Maritime. Les boulettes d’hydrocarbures présentaient la même signature chimique. Le CEDRE (centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions) cherche encore à identifier la source de la pollution.

En cause, les nombreuses tempêtes de cet hiver

La principale cause de mortalité suspectée (Ndlr Sibylline : effectivement car les autopsies n’ont pas été pratiquées car « l’on savait de quoi ils mourraient », dixit un représentant d’une ONG trust)  est le manque de nourriture qui a conduit à l’amaigrissement et à l’épuisement des individus, sûrement en raison d’une immense difficulté pour accéder aux ressources. Cet échouage massif a également été influencé par de nombreux facteurs aggravants (tempêtes, houle, brassage des masses d’eau et des ressources, période de mue des oiseaux). Des analyses variées vont être réalisées prochainement pour éclaircir les réelles causes de mortalité, notamment grâce à une équipe multidisciplinaire réunissant le LIENSs (Université de La Rochelle) et d’autres chercheurs sur l’avifaune marine.

Une mobilisation remarquable

Six week-ends de comptage ont été organisés sur le littoral français, mobilisant plus de 500 personnes bénévoles durant cette période. Et pour se faire, une cellule de coordination s’est rapidement mise en place, du Finistère aux Pyrénées-Atlantiques. Les centres de soins du littoral ont été très actifs et ont accueilli environ 3000 oiseaux. Très peu d’entre eux ont survécu. Après quelques semaines de soins et grâce à la mobilisation des bénévoles, seulement quelques dizaines d’oiseaux ont été relâchés durant le mois d’avril (Ndlr Sibylline : à raison de 2000 euros/semaine de fonctionnement, hors salaire et dépenses de carburant pour le rappatriement des volatiles, cela fait cher le piaf ! Peut-être pourrait-on envisager une organisation des prospections et des prises en charge, à l’avenir ?)

Rétrospective :  Si les pêcheurs ne peuvent sortir en mer, les oiseaux marins non plus… (façade Atlantique) (lien)

Tempêtes : «hécatombe» historique d’oiseaux marins sur les plages françaises (côte Atlantique) (lien)

L’importance de l’étude du milieu marin

L’océan, considéré comme vitrine des impacts anthropiques, est constamment soumis à de nombreuses pressions sur les espèces et sur les habitats. Ignorant les frontières, les oiseaux marins sont d’excellents indicateurs de la qualité du milieu. Parce que leur survie dépend des ressources marines, le suivi des oiseaux marins nous donne de précieuses indications de l’état de conservation de la biodiversité marine. Ainsi leur étude réalisée de manière transnationale permettra de développer des outils pour préserver l’environnement marin.

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