Publié par : Sibylline | mars 17, 2014

Tous sauf trois des 30 dauphins piégés dans la glace sont morts, dit le ministère (Canada)

dauphins-bec-blanc-Terre-Neuve17 Mars 2014. PORT-AUX-BASQUES, T.-N.-L. – De la trentaine de dauphins à nez blanc qui étaient piégés dans la glace au sud-ouest de Terre-Neuve-et-Labrador, seuls trois ont survécu, selon des responsables fédéraux.

Un porte-parole du ministère des Pêches et des Océans a affirmé lundi que des agents ont visité le secteur de Cape Ray et ont retrouvé les carcasses; les trois autres dauphins semblent en piètre condition.

Larry Vaters a soutenu par courriel qu’il n’était pas inhabituel pour des mammifères marins, tels que les dauphins, marsouins et bélugas, de s’aventurer dans la glace des eaux de Terre-Neuve-et-Labrador à cette période de l’année.

Il a indiqué que les forts vents et les conditions de voile blanc rendaient les lieux plus dangereux pour les trois mammifères survivants, car les caractéristiques géographiques et les courants dans le secteur constituent un piège naturel pour les animaux lorsque la neige est épaisse.

M. Vaters a affirmé que ce n’est pas le mandat du ministère de secourir ces mammifères, mais que des responsables surveillent la situation de près. Il a mis en garde contre des efforts de sauvetage par le public, en raison des risques pour les animaux et pour les personnes impliquées.

«Ces situations sont très malheureuses, mais surviennent effectivement dans l’écosystème marin — particulièrement lors de conditions de glace extrêmes — et devraient être laissées à leur libre cours dans la plupart des circonstances», a dit M. Vaters.

«Si le ministère détermine qu’un expert qualifié doit tenter de porter secours à un animal marin piégé, cela est toujours entrepris avec la plus grande prudence et une compréhension totale de la réponse possible de l’animal en situation de détresse», a-t-il précisé.

M. Vaters a affirmé que les dauphins étaient probablement morts de blessures internes causées par la pression de la glace et par la suffocation sous la glace.

Des images prises par un résidant et publiées sur Internet montrent les eaux teintées rouge sang alors que les dauphins tentent de se libérer.

Des animaux piégés ont déjà été signalés par le passé dans le secteur. Six rorquals bleus avaient été poussés vers la côte par la glace en 1987, a indiqué le ministère des Pêches et des Océans.

Les dauphins à nez blanc les plus à risque

Wayne Ledwell, du groupe Whale Release and Strandings à Portugal Cove-St. Philip’s a indiqué que la présence des dauphins avait d’abord été remarquée dimanche soir près de Cape Ray.

«Nous nous y attendions étant donné les conditions de glace épaisse et les forts vents qui les repoussaient vers les côtes, a expliqué M. Ledwell. Ils peuvent paniquer et mourir rapidement lorsqu’ils sont transportés ainsi vers le rivage.»

Il a souligné que la glace dans le secteur est d’une épaisseur de trois mètres avec des formations irrégulières sur les côtés.

«Le golfe du Saint-Laurent est rempli de banquises. Il s’agit d’un endroit reconnu pour ce genre d’événements en raison de la glace épaisse et de la manière avec laquelle la péninsule avance dans la mer», a-t-il précisé.

Les dauphins à nez blanc, qui peuvent peser jusqu’à 300 kilogrammes, sont généralement les premiers parmi les baleines, les dauphins et les marsouins à arriver dans les eaux autour de Terre-Neuve-et-Labrador à l’approche du printemps, a indiqué M. Ledwell.

Par conséquent, ils sont aussi ceux plus à risque d’être piégés, a-t-il affirmé, évoquant le signalement d’un plus petit groupe pris dans la glace au large plus tôt cette année.

«La mortalité pour cette espèce est très élevée, a dit M. Ledwell. Avec ces conditions de glace, la situation se répète environ une à deux fois par année — selon les cas dont nous avons connaissance.»

Des sauvetages ont été réussis par le passé, à l’aide de motoneiges et de camions pour ramener les animaux piégés vers des eaux libres.

Mais les forts vents et la glace épaisse signalés lundi rendaient quasiment impossible une telle opération, a affirmé M. Ledwell.

Nldr Sibylline : à l’heure où cet article est repris, tous les dauphins à bec blanc (ou lagénorhynques à bec blanc (Lagenorhynchus albirostris)) sont décédés. Le Ministère n’a pas vocation à secourir les mammifères marins mais c’est cependant lui qui donne les ordres aux garde-côtes (brise-glaces) d’intervenir. Par ailleurs, le SeaWorld a été contacté par de nombreux citoyens du monde entier, suite à l’évenement Facebook appelant à la mobilisation (premier lancement sur la page « Don’t kill them, tell it to NOAA urgently » puis édition d’un nouvel événement spécifique à cette situation ( » EMERGENCY ! Dolphins Trapped By Ice In Newfoundland « ). Le SeaWorld a répondu que sans l’ordre du Ministère, ils ne pouvaient agir. Enfin, si des événements Facebook ont été organisés, c’est suite au refus des autorités de porter secours aux animaux.

Le groupe comprenait principalement des femelles accompagnées de leurs petits.

Pas d’intervention (Source)

Véronik de la Chenelière, biologiste au Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins, explique que ce type d’incident n’est pas exceptionnel. Il arrive relativement fréquemment qu’un groupe se retrouve coincé de la sorte. Parfois les conditions météorologiques font en sorte que les glaces se retirent, libérant les bêtes prises au piège, ce qui n’a pas été le cas en fin de semaine.

« Comme le dauphin à nez blanc n’est pas une espèce en péril, l’incident n’a pas été jugé prioritaire et la décision a été prise de ne pas intervenir » (Ndlr Sibylline : il faut donc attendre qu’une espèce soit au bord de l’extinction pour intervenir mais peut-on se payer le luxe de s’entraîner sur des espèces menacées de disparition ? N’oublions pas que la gestion d’un échouage en masse, surtout dans des conditions difficiles, ne relève pas de la facilité).

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