Publié par : Sibylline | mars 9, 2014

Produits de la mer : quand la pêche électrique fait éclater le dos des poissons…

Voici les ravages que fait la pêche électrique sur des limandes. Le dos éclaté, la chair à vif, on comprend le rejet des Boulonnais.

Voici les ravages que fait la pêche électrique sur des limandes. Le dos éclaté, la chair à vif, on comprend le rejet des Boulonnais.

9 Mars 2014 (Romain Douchin). Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches, ne sait plus où donner de la tête. Entrée en vigueur d’un permis à points pour les bateaux, intempéries qui clouent les chalutiers au port et assèchent les trésoreries et voici que l’Europe lâche du lest sur la pêche électrique, tant décriée.

« Elle pourra être utilisée dans le sud de la mer du Nord et en Manche », s’indigne le patron de pêche. C’est la goutte d’eau qui fait déborder la contestation.

« Les Néerlandais utilisent de plus en plus la pêche électrique. La législation européenne permet d’équiper 5 % de leurs bateaux avec ce système. Ils viennent d’obtenir une dérogation jusqu’à 10 %. En mer du Nord, 80 bateaux hollandais l’utilisent déjà. Du coup, les Belges, qui n’y sont pas encore passés, craignent des conséquences irrémédiables sur la ressource halieutique. » Il faut voir les ravages de cette technique. Le courant, qui passe dans le chalut traîné sur les fonds marins, fait éclater le dos des limandes et autres poissons plats qui sont ensuite happés par le chalut (voir photo).

Lobbying des Hollandais

« Une horreur, s’indigne Olivier Leprêtre. Les Hollandais ont réussi à faire admettre la senne danoise (encerclement d’une zone de pêche sur plusieurs kilomètres, NDLR), qui présente l’avantage de faire consommer moins de carburant au bateau et de pêcher des tonnes et des tonnes de poissons au mépris de la gestion de la ressource. Ils font le forcing aujourd’hui pour la pêche électrique. »

Il y a quelques semaines, des émissaires du port de Urk (Pays-Bas) ont fait le déplacement à Boulogne pour rencontrer le ministre de la Pêche Frédéric Cuvillier. Selon Olivier Leprêtre, «à ce rythme dans quelques années, la ressource sera anéantie, la pêche à Boulogne sera un lointain souvenir… »

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