Publié par : Sibylline | mars 6, 2014

Après les tempêtes, le Cap-Ferret submergé de déchets (Gironde)

Éric Durand, un Nîmois établi en Charente, venu découvrir hier le bassin d’Arcachon, au milieu des déchets sur la plage de la Pointe. © PHOTO D. L.

Éric Durand, un Nîmois établi en Charente, venu découvrir hier le bassin d’Arcachon, au milieu des déchets sur la plage de la Pointe. © PHOTO D. L.

6 Mars 2014. Des tonnes de bois et de plastique ont été déposés sur les plages par les tempêtes. Les bénévoles vont être sollicités pour nettoyer.

La tempête Christine a renversé les poubelles du golfe de Gascogne sur les plages du Cap-Ferret. Tout ce qui flottait dans les parages s’est échoué sur le sable blond de la Côte d’Argent avec les grandes marées de ces jours derniers. Sur des kilomètres et des kilomètres, les plages sont couvertes d’un tapis de débris enchevêtrés.

Une grande partie de ce que l’industrie du plastique a inventé est là, couvrant le sol. Bras de poupées, lunettes de WC, filets de pêche, casques de chantier, étuis de tampons hygiéniques, bouteilles par milliers, emballages, chaises, bidons, tongs, ballons, chaussures, la liste est impossible à établir. Sans oublier les lambeaux de plastique qui s’enroulent autour des pieds d’oyats comme pour les étouffer.

« Démoralisant »

Il y a aussi des quantités phénoménales de bois. De l’arbre entier à la plus infime brindille en passant par la palette, le piquet, le poteau télégraphique, le tronc, la planche… De quoi construire des maisons entières, ou chauffer des centaines de foyers.

Les naufragés du règne animal font aussi partie de cette décharge à ciel ouvert : cadavres de dauphins, d’oiseaux, de poissons, qui pourrissent, prisonniers du mikado.

Sur la plage de la Pointe, des promeneurs abasourdis parlent du « sixième continent », cet amoncellement de déchets qui flotte dans l’océan Pacifique, grand comme cinq fois la France. « C’est démoralisant ! Quand on est arrivé, on ne croyait pas ce qu’on voyait. Épouvantable… », dit une femme venue de Bordeaux avec des amies. Le sixième continent, elles l’ont sous les yeux.

À côté d’elles, Éric Durand, un Nîmois qui réside en Charente, venu découvrir le bassin d’Arcachon avec sa femme. « On est très surpris, dit-elle. On est habitué à la Méditerranée qui ne nous amène pas autant de cochonneries. » Avec son grand sac, Éric arpente la plage, récupère des objets, cordes ou planches. « Ça fera une étagère. » Puis il ramasse un minuscule cylindre de plastique : « Regardez, c’est utilisé pour fixer les bactéries, ça vient des stations d’épuration. »

« Jamais vu ça ! »

Plus au nord, sur la plage du Grand-Crohot, Nelly Fillastre ramasse des bois flottés dans un paysage de désolation. Retraitée vivant à Lège, elle n’a « jamais vu ça ». Des tonnes de bois jonchent le sol autour d’elle. Sa quête du morceau qui donnera un joli pied de lampe semble dérisoire.

Le maire de Lège-Cap-Ferret, Michel Sammarcelli, n’a qu’un mot à la bouche : « Effrayant ! » En dix-huit ans de mandat, lui non plus n’a « jamais vu ça ». Les 25 km de plages de sa commune sont couverts de détritus, du nord au sud.

« Tout cela vient de la péninsule ibérique, des Pyrénées-Atlantiques, des Landes, de tout le littoral français en fait ! La mer ne fait que nous rendre ce que nous lui envoyons. C’est une chance, à nous de prendre des mesures pour éliminer tout ça. » L’élimination ne sera pas possible avant le premier temps fort de la saison touristique, les vacances de Pâques.

Nettoyage par appel d’offres

La commune doit en fait déployer des moyens qui la dépassent. Les événements climatiques de janvier et février 2014 lui ont déjà coûté plus de 300 000 euros. Pour le nettoyage des plages, la préfecture a débloqué une enveloppe de 200 000 euros. De quoi aider la commune à faire face.

« Nous allons lancer un appel d’offres pour trouver une entreprise capable d’éliminer le plus gros des déchets, car cette situation dépasse ce que nous pouvons faire, explique Michel Sammarcelli. Nous avons aussi demandé à la préfecture l’autorisation de brûler le bois sur place. Nous attendons la réponse. Enfin, une fois que cela sera fait, nous ferons une grande opération de nettoyage avec tous les bénévoles qui voudront venir. Pour l’instant, c’est trop dangereux, mais après on pourra le faire. Ce sera une très grande opération qui prendra peut-être plusieurs week-ends. » Le plus compliqué sera sans doute de ramasser ces milliers de fragments de plastique qui couvrent désormais les plages. De forme ronde ou plate, ils sont répandus absolument partout. On dirait du sable de toutes les couleurs. C’est ce qui reste des emballages plastiques que tout un chacun utilise au quotidien, un océan de déchets.

Ndlr Sibylline : c’est la même chose sur toute la côte et il serait grand temps de penser à utiliser les méthodes de revalorisation de ces déchets au lieu d’utiliser les médias comme mur des lamentations… Au lieu de dépenser de l’argent, les communes en gagneraient.

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