Publié par : Sibylline | février 28, 2014

Tempêtes : «hécatombe» historique d’oiseaux marins sur les plages françaises (côte Atlantique)

Recyclage de Sud Ouest après lecture...

Recyclage de Sud Ouest après lecture…

27 Février 2014. Privés de nourriture et épuisés par les tempêtes successives du début de l’année, plus de 21 000 oiseaux marins morts se sont échoués sur les plages du littoral atlantique. Selon les associations environnementales, il s’agit d’une «hécatombe» sans précédent depuis au moins un siècle.

Au 24 février, du Pays basque au Finistère sud, on comptabilisait 21 341 oiseaux morts et 2 784 acheminés dans les centres de sauvegarde. Le macareux moine et le guillemot de Troïl sont les espèces les plus touchées et, dans une moindre mesure, le pingouin torda. «De nombreux oiseaux flottants», majoritairement morts, «au large des côtes ont été signalés par les marins-pêcheurs. Autant dire que le bilan, encore provisoire, risque de s’alourdir dans les prochains jours». La majorité des échouages ont eu lieu début février.

Concentrés à cette période de l’année au centre de l’Atlantique Nord, «ils sont dans une zone balayée par les tempêtes depuis quasiment avant Noël. Du coup, les conditions alimentaires sont particulièrement déplorables», explique Bernard Cadiou, ornithologue spécialiste des oiseaux marins. «Les petits poissons descendent plus bas pour ne pas être touchés, et pour le plancton, un certain nombre d’espèces passives sont broyées, dispersées», détaille-t-il. Les tempêtes se succédant, «les oiseaux ne peuvent plus faire face et meurent d’épuisement», après avoir aussi dépensé beaucoup d’énergie pour «flotter dans des creux de 5 à 15 mètres», ajoute-t-il.

«Depuis 1900 pas de trace d’un échouage aussi massif»

Le nombre d’oiseaux échoués sur les plages du littoral atlantique est historique. La trace du dernier épisode en date a été trouvé dans une vieille revue de zoologie par Bernard Cadiou, et fait état du témoignage d’un homme qui «trois fois dans l’hiver de 1873, à la suite de tempêtes (…), a rencontré par milliers au Cap ferret, près d’Arcachon, des macareux morts». «Depuis 1900, en gros,on n’a aucune trace» d’un échouage aussi massif, souligne Nicolas Gendre. «Après les tempêtes, on trouve toujours quelques cadavres d’oiseaux. Mais d’habitude en Charente-Maritime, il y en a 4 ou 10…», ajoute-t-il.

Un nouvel appel à la mobilisation pour les week-ends du 1-2 et du 8-9 mars afin de recenser les oiseaux morts et d’acheminer ceux qui peuvent être sauvés dans les centres de sauvegarde. Un appel aux dons pour nourrir les oiseaux recueillis a également été lancé. Car les soigneurs ont un besoin urgent de petit poisson.

Source

Ndlr Sibylline : la réalité du terrain, ce sont des centaines de kilomères de plage qui ne sont pas prospectées car situées dans des zones inhabitées, interdites (terrains militaires) et où la seule possibilité est de prospecter à pied ! A titre d’exemple, la côte Aquitaine fait plus de 300 km de long… à parcourir à pied parce que strictement rien n’est prévu dans le cas de crise comme celle-ci. Les sorties en mer sont inexistantes.

Entre la prospection/personne et la prise en charge réelle de l’oiseau, c’est-à-dire dans un centre où il est réhydraté, il se passe plus de deux heures, à la condition que le bénévole qui a trouvé l’oiseau accepte de le rappatrier le plus près possible du centre (sinon, il faut compter le temps de l’AR quand un bénévole du centre accepte de faire le trajet). Autant dire que deux heures pour un animal en état de choc, qui de plus n ‘est pas transportable, cela ne ressemble pas du tout aux photos que l’on veut bien nous présenter. Cela ressemble à l’agonie d’un animal à laquelle on assiste impuissant. Inutile de nous dire que cette photo est horrible (cf. infra), nous n’avons aucune raison de cacher la vérité, celle du terrain. Elle diffère de celle des médias qui reprennent des communiqués de presse faisant la part belle aux « trusts de l’écologie », occultant le travail de centres qui dépendent d’associations plus petites, en termes de moyens seulement, car en termes de travail, elles font bien plus. Elles répondent au téléphone même le WE, débutent leur journée à 6 heures du matin, 7j/7 et tentent de gérer comme elles le peuvent. En Aquitaine, seule l’ONG ayant un centre et agissant comme tel est Hegalaldia (Pays Basque).

agonie-oiseau-marin

Agonie d’un guillemot

Cette publicité des ONG trusts qui ne parle JAMAIS des ‘petites » associations, et dont le but est de concentrer un maximum de dons (le public donne à qui il connaît et il connaît ce qu’il voit dans les médias), est abjecte de la part de ceux qui la manipulent. Si seulement les dons pouvaient être redistribués au prorata des besoins des acteurs du terrain…

Outre cela, aucune autopsie n’est pratiquée parce que « l’on sait de quoi les oiseaux meurent », dixit un membre d’une Ong trust (cf. SO du 10/02/2014). Devant une telle expertise, on ne peut que s’incliner.

Par ailleurs, la France n’est pas la seule zone touchée. Des cadavres et quelques survivants s’échouent également en masse, de la côte espagnole à celle du Portugal.

Appel à témoignage : vous avez découvert un oiseau vivant au cours d’une de vos promenades et avez appelé un centre, le SDIS, la police municipale, etc… Merci de bien vouloir nous renvoyer cette attestation complétée (lien) à l’adresse : Association Sibylline – 2, rue des Rameurs – 40200 Mimizan-plage. Il est important que vous mentionniez toutes les démarches effectuées, les numéros appelés, le lieu de la découverte, le temps de prise en charge s’il a eu lieu, etc… que l’oiseau ait péri avant le transfert ou non. Ces témoignages nous permettent d’évaluer la situation le long de la côte et de faire évoluer la prise en charge de la faune marine dans un but d’amélioration.

Si vous souhaitez aider :

  • Don en matériel pour les centres :

– Charbon actif (se trouve en pharmacie), pour leur administrer avec les hydratants (adsorbe le pétrole)
– Bouillottes, chauffage à gaz, tapis chauffants et lampes chauffantes : les oiseaux arrivent en hypothermie et doivent donc être réchauffés.
– Serviettes de toilettes et torchons (pas de couvertures)
– Journaux pour les salles de stabilisation.
– Aspirateur pour fond de piscine et épuisettes piscine, car certains oiseaux seront bientôt prêts pour la phase de rééchantéification du plumage..
– 1 Balai brosse

  • Pour les prospections (ce dont nous nous chargeons sur la commune de Mimizan + prise en charge adéquate des oiseaux en attendant leur transfert) :

– gants, masques et lunettes (rayon bricolage)
– talkie walkie
– lampe torche leds puissante
– cartons de taille moyenne (récup.)
– petits poissons : lançons, éperlans, maquereaux, etc…
– bouillottes auto-chauffantes électriques (les autres bouillottes demandées précédemment ne chauffent pas assez et pas assez longtemps). Par exemple, celle-ci conviendrait : CHAUFFERETTE ÉLECTRIQUE (lien) par rapport aux degrés et à la durée de chauffe.

– sacs à dos (ou en bandoulière) de transport pour animaux de compagnie. Nous utilisons celui-ci mais nous n’en avons qu’un :

Transport-oiseaux-prospecti

Pour tout expédier en fonction des besoins, merci de nous écrire (lien) ou si vous préférez envoyer directement :

Assocation Sibylline
2, rue des Rameurs
40200 Mimizan-plage

et nous faisons suivre avec les oiseaux.

 Faire-un-don-refere-MFG

  • Sur Mimizan, nous avons besoin de bénévoles pour covoiturer les oiseaux de Mimizan à Biscarosse ou de Mimizan à Moliets. Merci de nous laisser vos coordonnées et vos disponibilités (Courriel)

Merci de l’aide que vous voudrez bien apporter et merci à l’association Sauvegarde des requins (lien)

Pour en savoir plus sur Sibylline Océans, c’est ici (lien)

Tout le long de la côte Aquitaine, des bénévoles sont nécessaires à la prospection des plages. Si vous trouvez un oiseau vivant, des numéros de téléphone sont à disposition, et les interlocuteurs vous guideront dans la marche à suivre (point de collecte et centre de soins le plus proche). N’intervenez pas sur un animal tant que les directives d’un centre de soins ne vous ont pas été données, dans l’intérêt de l’oiseau et le vôtre.

Pour le département des Landes et du Pays Basque : 05 59 43 08 51, laissez vos coordonnées en cas de répondeur, vous serez rappelés le plus tôt possible (les capacitaires sont débordés, merci de votre compréhension)

Pour les autres départements : 05.46.82.12.34

Nous vous donnons les numéros que nous savons efficaces, afin de gagner du temps, ayant eu quelques déboires avec d’autres centres théoriquement opérationnels et qui ne l’étaient pas (cf. Si les pêcheurs ne peuvent sortir en mer, les oiseaux marins non plus… (façade Atlantique), lien).

Mesures a respecter pour rapporter les oiseaux vivants :

Ne jamais prendre de risques inconsidérés afin d’atteindre l’animal.

Approchez l’oiseau côté mer pour ne pas le repousser à l’eau et l’attraper le plus doucement possible ;
Utilisez une couverture, une veste, un tissu afin d’immobiliser l’animal sans risque en veillant à maintenir les ailes collées au corps et à couvrir la tête.

Lors de la manipulation, tenez l’oiseau écarté de votre visage et faites attention au bec et aux griffes. En attendant son transport, placez l’oiseau à l’abri dans un carton percé de trous et garni de papier et maintenez le au chaud et au calme.

En aucun cas il ne faut lui donner à boire ou à manger (vous risqueriez de l’étouffer), ni tenter de le laver vous-même.

Attention : Le transport des espèces protégées est réglementé (1) et les particuliers qui veulent acheminer un (ou des) oiseau(x) vers un centre de sauvegarde doivent obligatoirement :

  • prévenir le centre de sauvegarde de leur arrivée, en précisant le nombre d’oiseaux, et les espèces transportées (si possible),
  • effectuer le transport dans les plus brefs délais et par l’itinéraire le plus direct.

(1) Le transport d’espèces protégées est soumis à autorisation préfectorale. Toutefois, l’instruction PN/S2 n° 93-3 du 14 mai 1993 précise que dans les cas d’urgence, c’est à dire si la survie de l’animal ou sa capacité à être réinséré dans la nature sont manifestement menacées, et en l’absence de meilleure solution, le transport par un particulier du lieu de découverte jusqu’à un centre relais ou de sauvegarde est admis s’il est effectué dans les plus brefs délais et par l’itinéraire le plus direct. Elle stipule aussi que cela ne dispense pas le conducteur de devoir se justifier s’il y a lieu devant un agent de la force publique (Source : Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, 1996).


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