Publié par : Sibylline | février 27, 2014

Un curieux « cimetière marin » dans le désert chilien

Les paléontologues ont fouillé une zone de 20 m sur 250 à l’occasion de travaux sur l’autoroute panaméricaine dans le nord du Chili. Crédit photo : Adam Metallo, Smithsonian Institution.

Les paléontologues ont fouillé une zone de 20 m sur 250 à l’occasion de travaux sur l’autoroute panaméricaine dans le nord du Chili. Crédit photo : Adam Metallo, Smithsonian Institution.

27 Février 2014. Les travaux d’élargissement de l’autoroute panaméricaine ont poussé des paléontologues à se pencher sur un important gisement de fossiles de mammifères marins encore inexploité, où l’on retrouve pêle-mêle des baleines mais aussi un morse, une orque…

Il y a des baleines dans le désert d’Atacama, au Chili. Enfin, des fossiles de baleines. Connu de la population locale depuis les années 1970, un important gisement d’ossements fossilisés de mammifères marins a été redécouvert par les scientifiques chiliens et américains en 2010 à la faveur de travaux d’élargissement de l’autoroute panaméricaine dans le nord du pays. Une première description détaillée de cette population faisait l’objet d’une publication cette semaine dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.

Les chercheurs n’avaient pas eu plus de deux semaines, en 2011, pour passer au peigne fin une partie de ce lieu-dit, baptisé de longue date «la Colline aux baleines» par ses habitants. Durant ce court laps de temps, ils ont découvert et collecté pas moins de 40 squelettes, plus ou moins complets – essentiellement des baleines, mais aussi un morse, une orque, un phoque, un paresseux aquatique, etc. – dans une grande fosse de 20 m de largeur et 250 m de longueur. Certains appartiennent à des espèces aujourd’hui disparues.

Un site d’une grande richesse

La Smithsonian Institution s’est chargée de scanner l’ensemble du champ de fouille pour en proposer des reconstitutions 3D accompagnées de photos haute résolution (le tout consultable sur le site cerroballena.si.edu) avant que la nouvelle autoroute ne recouvre le site.

Les corps de tous ces animaux étaient répartis dans quatre zones distinctes. Tous orientés dans le même sens, et sur le dos pour la plupart, ils étaient probablement déjà morts quand ils se sont échoués. Les chercheurs évoquent la piste de quatre épisodes successifs de mortalité brutale et simultanée, espacés de quelques milliers d’années. Des toxines produites par des algues seraient à l’origine de ces vagues de décès, comme cela peut parfois se produire aujourd’hui. Des tempêtes ou des tsunamis se seraient quant à eux chargés de transporter les corps sur un plateau situé juste au-delà de la ligne de marées. La zone, déjà désertique à l’époque, aurait contribué à la bonne préservation des ossements, globalement épargnés par les charognards.

Cette grande collection de fossiles pourrait par ailleurs n’être qu’un fragment de la richesse paléontologique de cette Colline aux baleines. L’université du Chili réfléchit à installer une station de recherche sur place afin de dénicher d’autres fossiles probablement toujours piégés dans la roche. La pêche miraculeuse n’en est peut-être qu’à ses débuts.

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