Publié par : Sibylline | février 14, 2014

Pourquoi les marées noires abîment le cœur des poissons

Les chercheurs ont analysé la réaction de cellules cardiaques de thons à des composés toxiques du pétrole. © Randy Wilder/Monterey Bay Aquarium

Les chercheurs ont analysé la réaction de cellules cardiaques de thons à des composés toxiques du pétrole. © Randy Wilder/Monterey Bay Aquarium

Vendredi 14 Février 2014. En bloquant certains canaux ioniques, le pétrole répandu lors des marées noires perturbe la circulation d’ions responsable de la contraction du muscle cardiaque des poissons.

Les marées noires sont connues pour être très néfastes aux poissons. De nombreuses études ont en effet montré que les poissons exposés au pétrole répandu lors des marées noires sont victimes de crises cardiaques ou de troubles mortels du rythme cardiaque. Fabien Brette, de l’Université Stanford, aux États-Unis, et ses collègues ont découvert l’un des mécanismes en cause.

Les chercheurs ont cultivé des cellules musculaires de cœur, ou cardiomyocytes, de deux espèces de thons. Au repos, les cardiomyocytes ont un potentiel membranaire (la différence de potentiel électrique entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule) de –80 millivolts (ce potentiel, similaire à celui des mammifères, est dû à une différence de concentration en ions de part et d’autre de la membrane). La contraction musculaire est provoquée par des flux d’ions à travers la membrane (via des canaux ioniques), qui activent les fibres contractiles de la cellule.

On suspectait des composés particuliers du pétrole, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), de jouer un rôle important dans sa toxicité. En enregistrant les flux d’ions dans les cellules in vitro, les chercheurs ont montré que les HAP bloquent certains canaux ioniques, tels ceux qui laissent passer le potassium (K+). C’est ce qui perturberait la régularité des contractions du cœur et provoquerait des arythmies.

Les mécanismes de la contraction cardiaque étant très voisins chez tous les vertébrés, les chercheurs s’attendent à ce que d’autres espèces de poissons soient touchées. Chez l’homme, le blocage des canaux ioniques pourrait aussi être en cause dans l’augmentation des arythmies lors des pics de pollution, où les habitants inhalent notamment les hydrocarbures aromatiques polycycliques rejetés par les voitures. En revanche, il y a peu de risques de s’intoxiquer avec des poissons commerciaux : des normes internationales interdisent leur vente quand ils contiennent trop de HAP (Ndlr Sibylline : il faut aussi tenir compte de la bioaccumulation).

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