Publié par : Sibylline | février 10, 2014

Bois-Blanc : qui pollue la mer ? (Ile de la Réunion)

10 Février 2014 (Geoffroy Géraud Legros). De grandes quantités d’excréments en suspension dans les flots, des camions-citernes à l’œuvre la nuit, tous feux éteints : des faits de pollution volontaire et massive sont fortement suspectés dans la zone de Bois-Blanc. Une dégradation des eaux qui créerait aussi les conditions favorables pour les requins-bouledogues…

Le 6 février dernier, « 7 Lames la Mer » relayait l’alerte donnée par des Etang-saléens, signalant la présence de deux requins à quelques mètres du bord, à l’approche de la zone de baignade. Nous évoquions aussi, à titre d’hypothèse, certains témoignages de « locaux », qui pointaient la saleté récurrente des eaux, due à de possibles rejets en mer. Ces propos ont fait réagir quelques riverains et usagers de la mer, lesquels ont souhaité nous communiquer plusieurs éléments, de nature selon nous à apporter un éclairage partiel sur ce qui constitue sans doute des infractions graves…ainsi que sur les récents développements étang-saléens de la « crise requin ».

Fait : les rejets en mer existent bien, provoquant une pollution visible (voir les photos) et régulière aux environs de Bois-Blanc. « Sa la tay sa, souvandéfoi bana i vien zèt sa dann lo », nous déclare un habitué de cette zone peu fréquentée, rencontré sur les lieux.

Fait : les nappes excrémentielles sont présentes jusqu’à l’Étang-Salé, atteignant le Pont, le Tournant, et le large des brisants, où des plongeurs ont pu constater la présence de particules en suspension.

Fait : le dernier signalement connu de ces déversements (photographié par nos contacts) a été suivi presque immédiatement par la présence de requins bouledogues, connus pour fréquenter les eaux dégradées, à proximité des rivages.

Le fermier hors de cause

Qui procède à ces coupables rejets en mer ? A première vue, la société titulaire du contrat d’assainissement dans la zone considérée dit être hors de cause. Une trappe et un conduit sont bien présents, à quelques mètres de la mer, à proximité immédiate de l’arrêt de bus qui dessert Bois-Blanc. Mais ces installations sont utilisées régulièrement, en toute transparence par le fermier qui le démontre sans peine. Contrôle électronique, surveillance, police de l’eau, va-et-vient des équipes strictement règlementés, inspections répétées…

Les agissements de la société sont sans conteste hors de cause. Ces hommes de l’art ne peuvent eux aussi que constater l’existence des nappes de pollution bien visibles — et se déclarent même effarés par leur dimension, qui laissent penser à des déversements bien supérieurs par leur quantité à ce que peut contenir un camion-citerne de taille moyenne. Les installations seraient-elles utilisées par des particuliers ? Par des vidangeurs privés indélicats ? Ou ces derniers utilisent-ils un autre accès aux conduits, plus en amont ?

Tous phares éteints

Plusieurs témoins affirment avoir aperçu des camions citernes sur le site, tous feux éteints, aux environs de 4 heures du matin… Ceux-là ne souhaitent pas témoigner à visage découvert, redoutant la perspective d’avoir affaire à un « gros » et intimidés par l’atmosphère de répression qui entoure les questions maritimes et la pratique du littoral. Les clichés ont quant à eux été communiqués par leurs auteurs à la Gendarmerie. L’enquête « suit son cours », affirme-t-on du côté des militaires. Pour l’heure, un argument supplémentaire renforce la présomption d’exactions écologiques en pleine Réserve marine… et celle d’un facteur « humain » dans l’apparition de requins-bouledogues.

Ndlr Sibylline : ne vous dit-on pas depuis le début que la pollution est un facteur majeur dans cette « crise » et que le massacre des requins n’est là que pour permettre aux politiques de faire semblant d’apporter une réponse pour ne pas avoir à s’occuper du fond du problème (cf. tous les articles sur les requins de l’île de la Réunion du blog de l’actu océanique) ? Les surfeurs vont-ils déposer plainte contre X ? Vont-ils donner de la voix dans les médias comme ils savent si bien le faire à chaque accident ou est-il plus facile de continuer de tuer du squale et de nier l’évidence ? Les pollueurs seraient-ils plus dangereux à « anéantir » que les requins ? On craint qu’il n’y ait pas beaucoup de courageux sur ce coup-là…

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