Publié par : Sibylline | février 8, 2014

Si les pêcheurs ne peuvent sortir en mer, les oiseaux marins non plus… (façade Atlantique)

guillemot-mazoute8 Février 2014. Cela a commencé il y a quinze jours, suite au mauvais temps sur la côte Atlantique. Nous avions eu les phoques gris à peine sevrés, de la Bretagne à la Galice, voire au Portugal, au mois de Décembre. Depuis la fin du mois de Janvier : guillemots de Troïl, pingouins torda, macareux moines, fous de Bassan… s’échouent en grand nombre. Promeneurs et centres de soins doivent faire face. Malheureusement, selon l’endroit de la façade Atlantique, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, surtout le week-end.

Ainsi, le Morbihan possède le centre la Volée de piafs. Heureux les oiseaux qui s’échouent dans ce département, ils trouveront Didier et Marie, aidés de leurs bénévoles, pour les prendre en charge.

La Loire-Atantique a accueilli une centaine d’oiseaux et elle aurait pu en accueillir beaucoup plus si Préfet et DREAL (directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement) ne s’étaient pas ravisés sur l’organisation du sauvetage de ce WE. Tout était en place mais l’information de présence de mazout sur certains oiseaux risquait de poser des problèmes sanitaires. Préfet et DREAL ont donc préféré ne pas prendre de risques. Cela n’empêche pas aux oiseaux d’arriver et rend encore plus ardue la tâche des bénévoles. Bref, sans commentaires…

La Charente-Maritime répond présente aux appels.

Les Pyrénées Atlantiques ont Hegalaldia, qui répond également ou vous rappelle lorsque vous avez trouvé un oiseau.

Les Landes et la Gironde, par contre, répondent aux abonnés absents. Et là, on s’interroge ?

La Gironde possède le centre LPO sur le domaine de Certes (commune d’Audenge). Les deux salariés de la structure, bien que devant assurer une permanence hors horaires d’ouverture habituels, en période de crise, dixit la LPO nationale, sont injoignables. Admettons que vous connaissiez ce centre et que vous tentiez de ramener un animal, une personne du domaine qui n’est pas en charge du centre et qui n’est donc pas responsable de la situation, vous dira de le déposer dans une boîte en bois, sous un préau, sans aération, sans nourriture, sans eau. Nous avons testé pour vous en Mai 2012 (rassurez-vous, cela a finalement été géré autrement, sachant qu’ un oiseau échoué se laissant attraper étant une urgence vétérinaire et qu’une nuit complète dans une boîte en bois qui doit attendre le lendemain matin que les salariés veuillent bien le prendre en charge, définitivement NON !). Nous ne saurions mettre en cause la LPO dans sa totalité si l’on considère l’accueil d’Espace Nature, fort étonné de la situation… En effet, nous sommes le 8 Février et nous les avons contactés ce jour.

Sibylline Faune marine se situe à Mimizan-plage, dans les Landes, sur la côte Atlantique. Plus près de l’océan, ce sont les Etats-Unis mais en face. Cela fait 12 ans (Prestige) que l’association a demandé un terrain afin de pouvoir y monter des infrastructures et prendre en charge tout animal échoué. L’inconvénient, c’est que la commune dit ne pas avoir de terrain disponible ! Elle aurait, au bas mot, 600 hectares et peut se permettre de donner pour 850 000 euros de terrain (pour un euro symbolique) à la SATEL (société privée) qui en fait ensuite bénéficier les promoteurs (cf. lien : bétonnage de la côte en zone inondable et littorale).

Dans ces conditions, comment faire sachant que l’association continue d’être contactée par des particuliers qui trouvent des animaux ?

Il resterait la solution du terrain privé mais au prix du mètre carré en station balnéaire (un centre pour animaux marins se situe logiquement en bordure de mer, pour des raisons de transport (coût mais également état critique de l’animal qui n’arrive souvent pas vivant après une centaine de kilomètres parcourus) et de risques sanitaires (effet de l’environnement marin sur l’inhibition de pathogènes propres aux élevages intensifs), autant oublier !… A moins que les particuliers comprennent… enfin… que les trusts de l’écologie, ceux que l’on voit partout dans les médias, devant les micros dès qu’il y a une catastrophe environnementale, etc… ne sont pas ceux qui prennent les animaux en charge.

Revenons aux Landes qui possède le centre de Pouydesseaux, tenu par la fédération de chasse, financé par le Conseil Général (à raison de 72 000 euros/an), le Conseil Régional, etc…

Vendredi après-midi un particulier, ayant trouvé 3 guillemots dont un sub-claquant qui périra quelques minutes plus tard, appelle le dit centre qui lui indique qu’il ne pourra se déplacer que le lendemain. En attendant, dixit la personne contactée, maintenez-le au chaud car leur température, normalement de 41 °C, baisse avec les conditions météo, à 36 °C. Il suffit donc de le réchauffer et tout ira bien. Ne lui donnez ni à manger, ni à boire !!!!!!!!!!!

Nous rappelons que les particuliers ne sont pas autorisés à manipuler ces animaux, encore moins à les détenir en captivité. Cela est toléré lorsque la personne a averti un centre de soins mais toléré ne signifie pas « autorisé » et avec la forte pression des chasseurs dans les Landes et le zèle de certains gardes-chasses, on vous le déconseille fortement, outre que les indications données par Pouydesseaux sont aberrantes.

La personne suit donc les prérogatives et attend patiemment le lendemain. Le lendemain rien ne se passe. L’association avertie de plusieurs cas opère comme habituellement : consignes sanitaires (qui ne sont souvent jamais respectées, c’est à cela que l’on reconnaît un grand sauveur de biodiversité !), premiers soins et recherche d’une structure d’accueil, sans succès. Finalement, Hegalaldia enverra un bénévole le lendemain car il est 22 heures et que c’est l’horaire auquel le message a été écouté. Cette heure tardive est simplement due à deux facteurs : les Landes payés avec l’argent du contribuable qui s’en contrefout, tout comme Audenge payé avec l’argent des donateurs de la LPO qui s’en contrefout également, fait qu’ Hegalaldia est débordé, devant traiter les échouages de trois départements au lieu d’un seul, d’une part et devant faire face à l’afflux d’oiseaux marins, d’autre part !

Conclusion : nous sommes retournés voir tous les oiseaux le soir, leur état s’est fortement dégradé et il est peu probable qu’il y ait des survivants demain.

Outre le fait que la nourriture soit réglée par les particuliers, l’association ne recevant pas de fonds, le bénévolat ne sert strictement à RIEN sinon à constater la souffrance et l’agonie des animaux !

Et pour les personnes qui viendraient mettre en doute ces dires parce que certains que les pompiers prennent en charge les volatiles. Oui, si vous appelez les pompiers, ils viendront, du moins sur Mimizan. Ils attraperont l’animal, le mettront dans une cage de transport (prévu pour les chiens de la taille d’un épagneul) et le stockeront dans leur hangar, sans bouillotte, sans nourriture. Et pour cause, le hangar des pompiers n’est pas un centre de stabilisation, c’est un hangar à véhicules… de pompiers ! Tout serait parfait si le centre de Pouydesseaux venait immédiatement chercher les animaux comme le fait Hegalaldia mais ce n’est pas le cas. Ca crève et le particulier, certain que tout est désormais réglé, ignore que le transport ne se fera que le lendemain au mieux, 3 jours plus tard lors de découverte le WE, autant dit jamais si l’animal est déshydraté et en hypothermie, ce qui est le cas à plus de 95 %…CQFD

En espérant que cet article fasse évoluer les choses… dans le bon sens, que ce soit au niveau des dons des particuliers ou du terrain, de la prise de conscience que l’on ne peut continuer d’opérer une telle irresponsabilité à l’égard d’une biodiversité qui se meurt. Les miracles n’existent pas !

NB : APPEL EN URGENCE à toutes les personnes sur le 56 ! Le centre de soins des oiseaux Volée de Piafs à Languidic est submergé par l’arrivée des oiseaux de mer, ils demandent de relayer leur appel à l’aide car ils sont sursaturés ! Il faudrait donc des volontaires pour aider pour 1 ou plusieurs jours suivant disponibilité de chacun ! Adresse :  St-Léon à Languidic N° de tel : 06 08 98 42 36 ! MERCI D’AVANCE pour Volée de Piafs et pour tous les oiseaux et animaux qui sont en soins dans le centre !

Didier et Marie, les capacitaires du centre, ont été vus à l’oeuvre pendant la marée noire du Prestige. Voir des personnes compétentes aussi dévouées à la cause animale et de manière désintéressée, c’est rare !

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