Publié par : Sibylline | janvier 6, 2014

Une quarantaine de baleines-pilotes s’échouent en Nouvelle-Zélande

fatal-whale-stranding-in-nz6 Janvier 2013 (Le Monde, AFP). Trente-neuf baleines-pilotes ont trouvé la mort sur une plage de Nouvelle-Zélande où elle se sont échouées volontairement, selon des responsables de l’environnement. Ces baleines, appelées aussi globicéphales, sont coutumières de ce genre d’échouage collectif dont les raisons demeurent mystérieuses.

Elles avaient été repérées au moment de leur approche vers la plage de Golden Bay, dans le sud du pays, mais les rangers néo-zélandais n’ont pas pu les empêcher de s’échouer. Douze de ces baleines sont mortes naturellement, les autres ont été abattues faute de pouvoir être remises à l’eau.

Les baleines-pilotes appartiennent à la famille des dauphins. Elles peuvent atteindre, une fois adultes, six ou sept mètres de long et peser jusqu’à quatre tonnes. Les phénomènes d’échouage de masse sont relativement fréquents pour cette espèce et se produisent deux ou trois fois par an en Nouvelle-Zélande.

PAS DE LIENS DE PARENTÉ

En mars dernier, une étude dirigée par le biologiste français Marc Oremus de l’université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, publiée dans la revue Journal of Heredity, avait conclu que la parenté entre baleines était hors de cause dans ces échouages de masse.

Les scientifiques ont recensé l’ADN de 490 baleines-pilotes lors de douze épisodes d’échouage en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ils attestent que la plupart des baleines échouées ensemble n’ont souvent aucun lien de parenté et que les baleineaux en particulier se trouvent très loin de leur mère.

Scott Baker, de l’université américaine de l’Oregon, souligne qu’une autre hypothèse est envisagée. « Il pourrait s’agir de forces sociales à l’œuvre, mais elles ne reposeraient pas sur le lien de parenté comme nous le pensions jusqu’ici. Ce pourrait être une forme de concurrence entre différents groupes », avance-t-il. Les chercheurs évoquent des rivalités liées à la recherche de proies, à la reproduction et même des confrontations directes entre groupes.

DES CAUSES POTENTIELLEMENT LIÉES À L’ACTIVITÉ HUMAINE

Reste surtout, en l’état actuel des connaissances, l’explication environnementale : désorientation due aux pollutions sonores, réchauffement de l’eau, montée des océans, etc. En 2008, par exemple, l’échouage d’une centaine de dauphins d’Electre près de Madagascar a été expliqué par l’utilisation d’un sonar de cartographie à haute fréquence par la compagnie pétrolière ExxonMobil – qui avait rejeté ces conclusions d’un rapport d’experts. Ces sonars produisent des sons puissants qui auraient désorienté les cétacés.

En novembre, ce sont huit cétacés d’une espèce très rare, des baleines à bec de Longman, qui s’étaient échoués sur une plage de Nouvelle-Calédonie. Quatre sont morts. Dotée d’un rostre long et fin, cette baleine, d’assez grande taille, vit habituellement au large dans des eaux de plus de 1 000 mètres de profondeur dans le bassin Indo-Pacifique et n’avaient jamais été vues sur l’île.

Des habitants de la région se sont aussitôt interrogés sur un lien avec la rupture, survenue quelques jours auparavant, d’une canalisation d’évacuation vers la mer des déchets de la gigantesque usine chimique de traitement de nickel de Vale, située à proximité du lieu d’échouage. (Ndlr Sibylline : l’émissaire de l’entreprise se trouve à proximité de la côte tandis que les baleines à bec fréquentent les eaux profondes ; par conséquent, un effet dilution aurait eu lieu et l’exposition n’aurait pas été aigue. Par contre, une hypothèse qui n’a pas été soulevée concerne les exercices militaires qui ont eu lieu dans le laps de temps concerné, sachant que les baleines à bec sont particulièrement sensibles aux sonars. Aucune autopsie n’ayant été réalisée, la réponse ne sera donc jamais apportée).

Ndlr Sibylline : Information complémentaire sur l’échouage de Nouvelle-Zélande

27 des 39 globicéphales ont été froidement abattus par balle, pour des raisons financières officieuses. John Mason, directeur du Département de Conservation de la zone de Golden Bay (là où a lieu l’échouage) a pris l’initiative de ce massacre sous l’approbation, dit-il, de Monsieur Daren Grover, directeur de l’ONG Project Jonah, ONG référente en matière de sauvetage de cétacés. Monsieur Grover est un administrateur et n’a pas grande expérience en matière de gestion d’échouage, ce n’est pas son job (un peu comme les directeurs d’hôpitaux français qui ne sont pas médecins mais gestionnaires). Là où le bât blesse, c’est que la Nouvelle Zélande est passé d’un taux de réussite de renflouement de 90 % dans les années 2000 à 16 % aujourd’hui. En parallèle de cet effondrement, la politique financière s’est accrue, comprendre qu’il est moins coûteux de tirer une balle dans un dauphin que de payer des fonctionnaires en heures supplémentaires. Bref, si les compétences existent bel et bien en Nouvelle Zélande, elles ne sont pas mobilisées car considérées comme trop onéreuses, aux dépens de la biodiversité. Farewell Spit est souvent le théâtre d’échouages en masse et les renflouements, dans cette zone, n’ont jamais posé de problèmes particuliers, dixit nos contacts sur place.

Nous vous invitons donc à faire part de votre indignation à Monsieur Nick Smith, Ministre de l’Environnement, en français (que le scandale dépasse les frontières), via ce formulaire ou cette adresse : n.smith@ministers.govt.nz

Le sujet du message est le suivant : « Echouage en masse à Farewell Spit »

Avec nos remerciements pour votre engagement et dans le but que cela ne se renouvelle pas.

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