Publié par : Sibylline | janvier 4, 2014

Tan Tan : Le spectre de la marée noire s’éloigne mais des questions demeurent (Maroc)

bateau-echoue-MarocSamedi 4 Janvier 2014 (Samir Elouardighi). REPORTAGE. Les opérations de dépotage du fuel transporté par le navire Silver échoué à Tan Tan semblent être en bonne voie pour se conclure à la fin de ce week-end. Des questions restent en suspens concernant les causes de cet accident.

Si les moyens mis en œuvre sont conséquents, il faudra attendre les conclusions de l’enquête de la marine marchande pour en savoir plus sur un incident qui aurait pu virer à la catastrophe écologique.

Tan Tan. (Envoyé spécial). L’opération de pompage du fioul du navire «Silver» échoué à l’entrée du port de Tan Tan se poursuit sans encombres grâce à une météo clémente et à la prise en charge des opérations par l’armateur et sa compagnie d’assurances.

Les opérations de pompage vont bon train

Samedi en début de journée, près de 60% de la cargaison de pétrole avaient déjà été pompés et les équipes en charge de cette manœuvre avaient bon espoir de vider le bateau d’ici la fin du week-end. Ainsi sur les 5.000 tonnes que transportait le «Silver», 3.000 ont été livrés à la centrale thermique de Tan Tan.

Sylvia Therwort patronne de l’équipe technique hollandaise en charge de l’opération nous a assuré que la fin du pompage allait être plus rapide que prévu car le temps et l’état de la mer étaient cléments. Il faut rappeler qu’au début de l’échouage du mini-tanker, la houle avait tenu en échec les opérations de pompage car le bateau était secoué et déséquilibré par de grosses vagues.

A en croire les autorités portuaires, interrogées par Médias 24 sur place, «le pire est derrière nous». Mostafa Benali, directeur du port de Tan Tan assure que« contrairement aux assertions de la presse qui selon lui a dramatisé l’affaire, la situation est maîtrisée et totalement sous contrôle».

Il faut reconnaître que l’ambiance se veut rassurante et que des moyens considérables ont été mis en œuvre pour éviter tout risque de marée noire. Une digue antipollution a ainsi été mise en place grâce à 1.000 mètres linéaires de barrages flottants mais les experts hollandais ainsi que la représentante française de ITOF (international tankers oil pollution fund) préfèrent rester prudents.

Le ministre rassurant

La visite de Abdelkader Amara ministre de l’Energie et des mines ce samedi matin sur les lieux du bateau échoué a été l’occasion pour lui de nous assurer que son département suivait de très près les actions des équipes locales et étrangères. Dans une déclaration à Médias 24, il affirme que si le Maroc a frôlé la catastrophe écologique, le travail du comité de veille a été admirable car il a traité avec force et maîtrise ce désormais cas d’école.

Il a tenu à souligner qu’en pareil cas de figure, 3 missions par ordre décroissant d’importance étaient à pied d’oeuvre pour éviter «les victimes humaines, une catastrophe écologique et en dernier lieu tâcher de sauver le bateau estimé à 10 millions d’euros».

Il est vrai que si l’équipage n’a heureusement subi aucun dommage, une marée noire aurait mis au chômage technique près de 13.000 pêcheurs dans une ville qui n’a d’autre industrie que celle de la pêche.

Concernant le bateau, il faut attendre la fin du pompage pour que les plongeurs dépêchés par la compagnie d’assurance l’examinent et décident s’il sera rendu réparé à l’armateur ou s’il sera indemnisé par son assurance. Un remorqueur d’une capacité de 18.500 chevaux attend au large la fin du pompage et la marée haute pour le remorquer et le mettre en cale sèche au port de Tan Tan.

Des questions sur les responsabilités

Si jusque là, tout se passe bien, des questions restent posées sur la responsabilité de cet accident car sans vouloir jeter l’anathème sur qui que ce soit, la commission d’enquête diligentée par la marine marchande se doit de déterminer ses causes véritables.

Cet échouage peu commun aurait pu avoir des conséquences considérables sur le système écologique de toute la côte du Sahara et sinistré toute la région.

Des voix s’élèvent même pour demander l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la situation des infrastructures du port de Tan Tan, handicapé par l’avancée des sables selon des sources sur place.

Un haut fonctionnaire souhaitant rester anonyme nous assure que la passe d’entrée du port de Tan Tan a toujours été un problème et ce depuis son édification car le sable s’y entasse à raison de 70.000 mètres cubes par an. Il accuse pêle-mêle les responsables passés mais aussi actuels de l’Agence nationale des ports qui seraient sourds face aux conséquences de ce défaut de conception.

Erreur humaine de pilotage, manque patent d’infrastructures portuaires à la hauteur, responsabilité de l’Agence nationale portuaire, chacun semble y aller de ses conclusions.

Pour qu’à l’avenir, cela ne se reproduise plus, il faut espérer que les autorités pointeront du doigt sans concessions les carences qui ont conduit à ce qui aurait pu être une marée noire car le seul argument des mauvaises conditions météo semble être battu en brèche.

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