Publié par : Sibylline | décembre 30, 2013

Baleines canadiennes en péril

belugaLundi 30 Décembre 2013 (ANNE CAROLINE DESPLANQUES). Sombre année 2014 pour les baleines en eaux canadiennes, en raison de deux projets pétroliers qui menacent leur habitat fragile.

Les projets de terminaux pétroliers d’Enbridge dans le secteur du Grand Ours en Colombie-Britannique, et de TransCanada à Cacouna, dans l’estuaire du Saint-Laurent, représentent de sérieuses menaces pour les grands cétacés du Pacifique Nord et les bélugas québécois, selon les groupes écologistes.

Bélugas de Cacouna

Au Québec, TransCanada prévoit construire un terminal pétrolier à Cacouna, en plein cœur de la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent, dont le nombre a chuté de 20 % en 10ans.

Le projet fait face à une levée de boucliers populaire. Une pétition invitant la mairesse de Cacouna à s’y opposer a récolté plus de 7000 signatures depuis le 25 novembre. Le 6 décembre, l’Assemblée nationale a également adopté à l’unanimité une motion exprimant «sa plus vive inquiétude» face aux impacts environnementaux que pourrait avoir ce nouveau port en eaux profondes.

Toutefois, devant les promesses de retombées économiques, le gouvernement Marois ne cache pas son préjugé favorable pour l’or noir. Et, même s’il s’y opposait, la protection des mammifères marins étant de compétence fédérale, il ne pourrait pas refuser le projet si Ottawa l’approuvait.

Fin octobre, le chef de projets scientifiques de la Fondation David Suzuki, Jean-Patrick Toussaint, déclarait déjà les bélugas «abandonnés à leur sort par le gouvernement fédéral».

Rorquals du Grand Ours

En Colombie-Britannique, le projet d’Enbridge est beaucoup plus avancé. Ce mois-ci, il a obtenu le feu vert d’une commission fédérale et n’attend plus que celui d’Ottawa. Une ONG s’est dite stupéfaite de cette décision qui conclut l’année sur une bien mauvaise note.

«Le passage de superpétroliers dans la zone marine du Grand Ours est inacceptable», dénonce-t-elle. Comme l’estuaire du Saint-Laurent, ce secteur est un habitat privilégié pour des dizaines d’espèces menacées, comme le rorqual à bosse et l’épaulard, explique-t-elle.

«Imaginez du bitume dilué se répandant sur des centaines de kilomètres de rivage jusqu’au fond des baies et des fjords, semant la mort au sein d’espèces marines en voie de rétablissement».

L’organisation craint notamment une catastrophe similaire au naufrage de l’Exxon Valdez qui a provoqué un déversement sur plus de 200000km2 en Alaska, en 1989.

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