Publié par : Sibylline | novembre 13, 2013

Acquittements prononcés pour le naufrage du «Prestige» (Espagne, France)

Le pétrolier Le Prestige, coupé en deux coule au large de la Galice, le 19 novembre 2002 (Photo AFP)

Le pétrolier Le Prestige, coupé en deux coule au large de la Galice, le 19 novembre 2002 (Photo AFP)

13 Novembre 2013. Onze ans jour pour jour après le SOS lancé par le Prestige, la justice espagnole a acquitté mercredi les trois accusés pour le naufrage du pétrolier, à l’origine d’une des plus graves marées noires de l’histoire. Le commandant a toutefois été condamné à neuf mois de prison pour avoir refusé le remorquage du navire.

Le 19 novembre 2002, après avoir dérivé six jours dans l’Atlantique, en pleine tempête, le Prestige avait sombré au large des côtes nord-ouest de l’Espagne, provoquant une catastrophe environnementale sans précédent dans le pays, qui avait souillé aussi les côtes françaises et portugaises.

Un an après l’ouverture du procès, le tribunal supérieur de Galice, à La Corogne, a acquitté mercredi le commandant grec, Apostolos Mangouras, le chef mécanicien, grec lui aussi, Nikolaos Argyropoulos, et le directeur de la Marine marchande espagnole de l’époque, José Luis Lopez-Sors, pour les délits «d’atteinte à l’environnement et à des espaces naturels protégés». En revanche, le commandant a été condamné à neuf mois de prison pour «désobéissance grave à l’autorité», pour avoir refusé dans un premier temps de faire remorquer le navire en perdition vers le large, comme le lui demandaient les autorités espagnoles. Il échappera toutefois à la prison en raison de son âge, 78 ans.

Le Parquet avait requis entre cinq et douze ans de prison contre les trois accusés. Mais pour le tribunal, les deux officiers n’étaient pas en mesure d’apprécier le mauvais état du navire, qui était muni de toutes les autorisations nécessaires, et il n’a pas été démontré «qu’ils en connaissaient les déficiences structurelles». Concernant le responsable de la Marine marchande, il a jugé que la décision, prise par les autorités «dans une situation d’urgence», d’éloigner le pétrolier des côtes, était justifiée.

DÉCISION D’EMMENER LE NAVIRE AU LARGE

Le premier SOS avait été lancé le 13 novembre 2002, lorsque le Prestige, un pétrolier à coque simple battant pavillon des Bahamas, construit en 1976 et chargé de 77 000 tonnes de fuel, subissait une voie d’eau au large de la Galice. Pendant six jours, le navire, sa coque déchirée, avait dérivé en mer, les pouvoirs publics ayant pris la décision controversée de l’éloigner des côtes au lieu de le faire entrer dans un port pour y contenir la fuite. Le pétrolier s’était finalement brisé en deux et avait coulé à 8 heures du matin le 19 novembre, à 250 kilomètres des côtes par 3 800 mètres de fond, crachant 63 000 tonnes d’un fuel épais et visqueux qui avait pollué près de 3 000 kilomètres de littoral, en Espagne, au Portugal et en France.

Pendant le procès, durant lequel le tribunal a entendu plus de 200 témoins et experts, le commandant et l’armateur du Prestige ont accusé le gouvernement espagnol d’avoir provoqué le naufrage en ordonnant au navire de prendre le large. Les autorités «nous ont donné le cap 320», c’est-à-dire vers le nord-ouest et le large. «C’était un cap peu sûr. Le navire a une voie d’eau et ils l’envoient au large, dans l’océan», avait raconté à la barre du tribunal Apostolos Mangouras. «C’était la pire option. Ils nous transformaient en un cercueil flottant et ils nous envoyaient à la noyade», avait-il ajouté.

Seul représentant des autorités parmi les accusés, José Luis Lopez-Sors avait lui défendu cette décision. «Il me semblait mieux que le bateau coule loin de la côte pour minimiser les dégâts environnementaux», avait-il expliqué.

Onze ans plus tard, il ne reste aucune trace de la catastrophe sur les plages et les rochers de Galice. Mais les écologistes estiment que les leçons de la marée noire n’ont jamais été tirées et n’ont cessé de dénoncer l’absence sur le banc des accusés des responsables politiques de l’époque. Parmi eux, l’actuel chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui en était alors le numéro deux et avait tenu des propos minimisant l’impact de la catastrophe : il s’était refusé à parler de «marée noire»mais seulement de «filaments, comme de la pâte à modeler» pour désigner les amas de fioul noir qui, pendant plusieurs semaines, s’étaient déversés sur les côtes.

Injustice-Prestige

Ndlr Sibylline : Historique du Prestige côté bénévoles

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