Publié par : Sibylline | octobre 26, 2013

Golfe du Mexique, l’eldorado retrouvé des compagnies pétrolières (Etats-Unis)

La plate-forme Deepwater Horizon de BP qui a explosé le 20 avril 2010 - Reuters

La plate-forme Deepwater Horizon de BP qui a explosé le 20 avril 2010 – Reuters

26 Octobre 2013 (Anne Feitz). Trois ans après l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon de BP et la marée noire, l’activité pétrolière dans le Golfe du Mexique retrouve un niveau record.

Le golfe du Mexique est redevenu « the place to be » pour les compagnies pétrolières. Trois ans après l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon de BP (voir photo), qui a causé la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis , l’activité y a repris de plus belle. « On y compte actuellement une soixantaine de forages, un niveau record, supérieur à ce qu’il était avant Macondo  », explique Deanna Goodwin, responsable de l’activité offshore de Technip Amérique du Nord. Le groupe estime que la tendance va se poursuivre : les investissements des compagnies dans le golfe du Mexique vont grimper à 12 milliards de dollars par an jusqu’en 2017, alors qu’ils n’atteignaient pas 7 milliards en 2009, avant la catastrophe, selon le cabinet Infield.

L’activité avait sérieusement ralenti après le moratoire décrété en mai 2010 par Barack Obama sur les forages en eaux profondes. Les normes de sécurité plus contraignantes instaurées lorsqu’il a été levé, cinq mois plus tard, ont renchéri les coûts mais n’ont pas affecté l’attrait des compagnies pour la zone. Car les progrès technologiques de la sismique laissent entrevoir de gigantesques réserves, jusqu’à présent insoupçonnées. « Le sous-sol du golfe du Mexique est formé de couches de sel, situées à de très grandes profondeurs, avec des formes bizarres », explique Thierry Pilenko, le PDG de Technip. « Or depuis le milieu des années 2000, la sismique 3D permet d’échographier ces structures complexes ». La croyance alors répandue, qu’il n’y avait rien sous les couches de sel, a depuis volé en éclats.

Découvertes majeures

Des découvertes majeures ont été réalisées. Chevron a découvert les champs de Jack et St Malo il y a quelques années, avec des réserves de brut estimées à 500 millions de barils ; ExxonMobil a annoncé en juin 2011 la plus grande découverte de la décennie dans la zone, à Hadrian (700 millions de barils) ; un record détrôné voilà peu par Anadarko, à Shenandoah, où les réserves pourraient atteindre 900 millions de barils. Petit acteur dans la zone, Total a réalisé fin 2012 une découverte de « plusieurs centaines de millions de barils ». Au total, la reprise d’une exploration pourrait permettre de découvrir encore 12 milliards de barils dans la zone, selon le cabinet WoodMackenzie.

Grâce à ces découvertes, la production, qui avait chuté à 1,5 million de barils par jour en 2013 (14 % de la production américaine) suite à Macondo mais aussi en raison des déclins naturels des puits, pourrait dépasser vers 2018-2019 son niveau de 2009 (2 millions de barils jours), selon WoodMackenzie. La tendance s’explique aussi par les progrès technologiques, qui permettent désormais de produire des hydrocarbures en eaux très profondes. Shell vient ainsi de lancer dans le golfe du Mexique le développement du champ le plus profond du monde, à Stones, à 2.919 mètres sous le niveau de la mer. Une prouesse rendue possible par le prix élevé du baril, sans lequel les compagnies ne pourraient pas rentabiliser une production de plus en plus coûteuse.

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