Publié par : Sibylline | septembre 25, 2013

Pakistan : une île émerge dans la mer d’Arabie après le séisme

Gwadar (Pakistan), le 25 septembre 2013. Des personnes foulant le sol de l'île apparue au large de Gwadar après le séisme mardi. AFP/Pakistani Government

Gwadar (Pakistan), le 25 septembre 2013. Des personnes foulant le sol de l’île apparue au large de Gwadar après le séisme mardi. AFP/Pakistani Government

25 Septembre 2013. Ne l’appelez pas Atlantide, le mythique continent disparu, mais «Zalzala Koh», comme l’ont déjà surnommée les Pakistanais. Le puissant séisme au Pakistan survenu mardi a donné naissance à… une «île» sortie subitement à la surface de la mer d’Arabie, à des centaines de kilomètres de l’épicentre.

«Ce n’est pas une petite chose, mais un truc immense qui est sorti de sous les eaux», se frotte encore les yeux Muhammad Rustam, un habitant de Gwadar, port stratégique pakistanais situé à quelques 400 kilomètres au sud de l’épicentre du séisme de magnitude 7,7 ayant secoué mardi la province du Baloutchistan et fait plusieurs centaines de morts.

Mercredi, des milliers de personnes observaient d’un oeil curieux ce gigantesque monticule d’une vingtaine de mètres de hauteur, d’une quarantaine de mètres de longueur et d’une centaine de largeur, planté dans la mer d’Arabie près de la côte de Gwadar. Des pêcheurs intrigués s’étaient approchés mardi de cette protubérance maritime qui aimante les flashes des photographes amateurs.

Ce n’est pas la première fois qu’un tremblement de terre a des conséquences surprenantes : le séisme de magnitude 9,0 à l’origine du tsunami dévastateur au Japon en 2011 avait été d’une puissance telle qu’il avait déplacé d’environ 17 centimètres l’axe de la Terre. Résultat, selon la Nasa : cette journée avait été  raccourcie de 1,8 microseconde. Même chose après un séisme au Chili, en février 2010 : la journée avait perdu 1,26 millionième de seconde après des secousses de 8,8 sur l’échelle de Richter.

L’explication scientifique

Derrière la fascination de la «nouvelle île de Gwadar» se cache aussi une explication scientifique liée au mouvement des plaques tectoniques et aux «volcans de boue».

Une équipe de l’Institut pakistanais d’océanographie s’est rendue sur cette île et y a trouvé des fortes concentrations de méthane. «Notre équipe a découvert des bulles qui remontait à la surface de l’île qui prenaient feu à proximité d’une allumette», a dit Mohammad Danish, chercheur à cet institut public.

Pour Gary Gibson, sismologue à l’université de Melbourne, en Australie, l’apparition de cette île à des centaines de kilomètres de l’épicentre du séisme est «très curieuse». «Cela s’est déjà produit par le passé dans cette région, mais c’est un événement hors du commun, très rare, je n’ai jamais entendu parler d’une chose de la sorte», à une telle distance de l’épicentre, explique-t-il.

Cette «île» serait en fait un «volcan de boue», un monticule de sédiments poussé vers la surface sous la pression du gaz méthane lors du séisme, explique le scientifique. L’îlot n’est donc pas une structure fixe mais un amas de boue et de roches qui va se désagréger au fil du temps, contrairement à la croissance de monticules rocheux permanents à la rencontre de plaques tectoniques.

Les anciens à Gwadar se souviennent encore du tremblement de magnitude de 8,1 dans la zone de Makran du Baloutchistan. Or ce puissant séisme avait aussi donné naissance à un même type «d’île», confirme Gary Gibson.

Le destin de l’île

Les habitants de Gwadar ont déjà baptisé «Zalzala Koh» – «La montagne du séisme» en français – cet étrange amoncellement voué à disparaître 20.000 lieues sous les mers.

«Cette île se dispersera au cours des prochaines semaines ou mois», estime Shamin Ahmed Shaikh, directeur du département de géologie à l’université de Karachi, métropole du sud du Pakistan. Pour éventuellement renaître, un jour, en cas de futurs séismes dévastateurs.

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