Publié par : Sibylline | septembre 24, 2013

Pourquoi la surpêche des requins menace les coraux

24 Septembre 2013. Les requins, composante essentielle des écosystèmes marins, jouent également un rôle clé dans la survie des coraux. C’est ce que montre une étude publiée dans la revue scientifique PLOS One, le 18 septembre, qui conclut que la surpêche des prédateurs fragilise, du fait d’une réaction en chaîne, des récifs coralliens déjà sous pression de la pollution et du réchauffement des eaux.

Pendant dix ans, une équipe de biologistes marins de l’Institut océanographique australien (AIMS) a comparé l’état des coraux dans deux atolls inhabités situés à 300 kilomètres de la côte nord-est de l’Australie : la réserve marine des Rowley, où la pêche est interdite, et les récifs de Scott, une zone où la pêche indonésienne entraîne un important déclin des requins – chassés pour leur chair et surtout leurs ailerons. Dans ce dernier atoll, les chercheurs ont observé un « effet boule de neige » sur les coraux.

STRUCTURE DE LA CHAÎNE ALIMENTAIRE

« A première vue, le résultat peut sembler étrange, reconnaît Mark Meekan, l’un des auteurs de l’étude. Lorsque le nombre des requins est réduit, nous voyons un changement fondamental dans la structure de la chaîne alimentaire sur les récifs. »

L’absence du superprédateur entraîne une augmentation du nombre de prédateurs intermédiaires comme le vivaneau qui consomment alors davantage d’herbivores tels que le poisson-perroquet. Or, ce dernier est très important car il se nourrit notamment d’une algue envahissante qui empêche le corail malade de récupérer. Les récifs coralliens soumis à diverses pressions, telles que les cyclones ou le blanchiment [c’est-à-dire leur dépérissement], doivent en effet se débarasser des algues formées après ces incidents, une tâche principalement réalisées par les poissons herbivores.

DES MESURES DE PROTECTION NÉCESSAIRES CONTRE L’ÉROSION

« Cela signifie que le récif a une résilience moindre, ce qui est un vrai souci, prévient Mark Meekan. Les requins sont une bonne police d’assurance pour les récifs. Nous savons qu’en raison du changement climatique, il y aura davantage de cyclones et de blanchiment. Avoir des requins est l’une des meilleures façons de nous assurer de la bonne santé des récifs. » Même des sanctuaires limités pour les requins contribueraient à maintenir un équilibre fragile en permettant la survie d’espèces mangeuses d’algues, conclut l’étude.

En vingt-sept ans, la couverture corallienne de la Grande Barrière de corail a diminué de moitié, passant de 28 % à 13,8 %, selon un rapport publié en octobre par l’AIMS. D’une longueur de plus de 3 000 kilomètres, le plus grand récif corallien du monde abrite quelque 400 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons et 4 000 espèces de mollusques. En mai, l’Unesco avait prévenu que le récif pourrait être placé sur la liste des sites menacés du Patrimoine mondial si des mesures n’étaient pas prises pour le protéger de l’érosion.

Ref. : Caught in the Middle: Combined Impacts of Shark Removal and Coral Loss on the Fish Communities of Coral Reefs. Jonathan L. W. Ruppert mail, Michael J. Travers, Luke L. Smith, Marie-Josée Fortin, Mark G. Meekan

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