Publié par : Sibylline | août 31, 2013

États-Unis – Les exercices de l’armée tuent des milliers de cétacés (en France aussi…)

Une des 13 baleines à bec de Cuvier échouées dans le Golfe de Kyparisiassis, en Grèce, en 1996, après l’utilisation de sonars navals dans la zone. Photo copyright Pelagos Cetacean Research Institute

Une des 13 baleines à bec de Cuvier échouées dans le Golfe de Kyparisiassis, en Grèce, en 1996, après l’utilisation de sonars navals dans la zone. Photo copyright Pelagos Cetacean Research Institute

31 Août 2013 (Alexandre Shields). Les exercices militaires menés par l’armée américaine provoquent des mortalités considérables parmi les mammifères marins, si on en croit deux études rendues publiques vendredi.

En fait, selon des prévisions élaborées par les services de la marine américaine, des milliers de cétacés seront tués ou blessés au cours d’importantes manœuvres militaires prévues de 2014 à 2019. Les morts liées aux exercices de l’armée seront surtout causées par l’utilisation d’explosifs, mais certaines pourraient aussi être dues à des tests de sonar ou à des collisions avec des navires. Les chercheurs savent depuis des années que les sonars militaires et les collisions avec des bateaux provoquent des blessures et une mortalité importantes chez les cétacés.

Les autorités militaires des États-Unis estiment en outre que les différents tests provoqueront plus de 13 000 blessures graves pendant cette période de cinq ans, ainsi que 3,6 millions de blessures de moindre gravité. Le comportement de millions d’animaux risque aussi d’être perturbé.

Le groupe environnemental Natural Resources Defence Council croit toutefois que la marine sous-estime l’impact de ses activités sur les animaux marins. Le groupe cite par exemple une étude scientifique publiée le mois dernier qui démontre que l’utilisation du sonar interfère avec l’alimentation du rorqual bleu, ce qui pourrait nuire non seulement à la santé d’individus, mais aussi à celle des populations de cétacés à fanons.

Pour les militaires, ces exercices sont essentiels (Ndlr Sibylline ; s’il est essentiel de détruire tout ce qui peut l’être, ou se situe la fonction de défense des intérêts publics de l’armée ?…). L’amiral Kevin Slates a ainsi répondu vendredi que la marine a recours à des simulations là où c’est possible, mais qu’elle doit aussi se livrer à de véritables exercices.

Les manœuvres seront menées au large de la côte Est des États-Unis, dans le golfe du Mexique, dans le sud de la Californie et à Hawaï. Or, on retrouve des espèces de cétacés menacées de disparition dans toutes ces zones.

Cette nouvelle menace militaire vient d’ailleurs s’ajouter à toute une série d’obstacles auxquels les baleines et les dauphins sont confrontés, comme la pollution marine, la navigation accrue et les bouleversements climatiques.

Outre les sonars de l’armée, ceux utilisés par les pétrolières représentent aussi une menace. Ainsi, dans le golfe du Saint-Laurent, l’exploration pourrait menacer le rétablissement et même la survie de certaines espèces de cétacés, mais aussi les espèces de poissons comme la morue de même que la tortue luth. Toutes ces espèces sont considérées comme en péril au sens de la loi.

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Ndlr Sibylline : L’Armée américaine est contrainte de présenter chaque année une étude d’impact de ses activités sur la faune durant ses opérations, comme les lois environnementales fédérales l’y exigent. Si des animaux sont blessés sans que cette étude n’ait mis en évidence le danger potentiel pour la nature, l’Armée court le risque de voir ses activités suspendues complètement, puisque ce serait une violation de la loi fédérale de l’environnement. Comprendre donc que par cette étude d’impact, elle obtient le droit de tout détruire si bon lui semble.

En parallèle, la gestion des échouages à travers le monde ne cesse de se dégrader, pour des raisons officielles de coupes budgétaires, dans des pays qui étaient un modèle du genre en termes de réussite (échouages/réhabilitation). Les carcasses des animaux sont détruites sans possibilité d’autopsies. Quelques petites recherches mettent vite à jour les conflits d’intérêt entre compagnies industrielles, armées et ministères de l’environnement. Ne parlons pas de la France où aucun rapport d’autopsie n’existe. On se contente d’un rapport annuel d’échouages établi par des personnes qui n’ont pas la compétence de reconnaître une lésion d’un organe sain. Quant à la gestion des échouages vivants… Visitez le site (Sibylline – Faune marine) et vous en aurez un aperçu.

Il est donc grand temps que le public prenne conscience des enjeux environnementaux qui se trament actuellement. Témoigner pour les personnes vivant sur la côte, ne plus se laisser abuser par des « experts » qui euthanasient sous le fallacieux prétexte de mettre fin aux souffrances (alors que l’animal n’est pas examiné cliniquement), demander des comptes au représentant du Ministère de l’Environnement, aider les associations de proximité qui œuvrent sur le terrain avec des bouts de ficelle… Les gourous médiatiques ne sauveront pas la planète, les trusts de l’écologie encore moins, le pouvoir de vos actions vous appartient !

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