Publié par : Sibylline | août 26, 2013

Du poisson au poison : la pêche cessera au large de Fukushima

Poissons-Fukushima26 Août 2013 (Alexandre Shields). Nouvel indice de l’ampleur de la pollution nucléaire provoquée par la catastrophe de Fukushima, au Japon. La pêche au large de l’archipel sera de nouveau d’être interdite dans certains secteurs, après avoir été partiellement relancée en juin.

L’agence de presse Kyodo a fait savoir lundi que l’association des pêcheurs de Soma et Futaba — deux villes situées près de Fukushima — ont décidé de cesser leur activité dans le secteur à compter du 1er septembre. L’association des pêcheurs de Soma et Futaba avait recommencé en juin à prendre quelques variétés de poissons et à effectuer des contrôles avant de les vendre si leur niveau de contamination était inférieur aux limites légales en vigueur au Japon.

Cette décision survient après l’annonce, le 19 août, de la découverte de «flaques d’eau radioactive près de réservoirs» de la centrale de Fukushima Daiichi, gravement endommagée par le séisme du 11 mars 2011. C’est Tepco, la compagnie gérante du complexe atomique, qui a annoncé cette découverte. Elle a par la suite précisé que la quantité échappée était de 300 tonnes.

L’autorité de régulation nucléaire a qualifié de «grave» l’incident et l’a situé au «niveau 3» sur l’échelle internationale des événements nucléaires. Cette décision a été prise avant que Tepco n’annonce que l’eau en question avait peut-être emprunté un petit ruisseau qui court jusqu’à l’océan Pacifique voisin, déjà pollué par les énormes quantités d’eau radioactive venant des sous-sols de la centrale et les retombées de pluie contaminée les jours suivants l’accident survenu en mars 2011 après un tsunami et un séisme.

Le 22 août, Tepco a en outre estimé à 30 000 milliards de becquerels la quantité d’éléments radioactifs — césium et strontium — contenus dans les eaux souterraines qui se déversent dans l’océan Pacifique depuis mai 2011.

Il semble que la pollution du Pacifique a déjà parcouru de grandes distances. Des thons capturés au large de la Californie auraient ainsi été contaminés par des éléments radioactifs — essentiellement du césium — provenant de Fukushima. C’est ce qui ressort de données analysées par des chercheurs de l’Université américaine de Stanford. Ceux-ci suivent la situation depuis maintenant deux ans afin de vérifier jusqu’à quel point le plus grand océan de la planète subit les impacts de la catastrophe nucléaire.

Les fuites répétées et d’eau radioactive depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima inquiètent d’ailleurs le Parti vert du Canada. Dans une lettre envoyée au ministre des Affaires étrangères, John Baird, et dont Le Devoir a obtenu copie, le parti estime que les conséquences environnementales de l’accident pourraient représenter une violation du droit international. Il rappelle ainsi que la Convention sur la prévention de la pollution des mers interdit de déverser des polluants dans les océans. Le Parti vert demande donc au ministre Baird d’étudier la situation, notamment d’envisager d’offrir une aide technique au Japon pour tenter de venir à bout des déversements toxiques qui surviennent depuis maintenant plus de deux ans.

Plusieurs fuites

Le réservoir défectueux a depuis été identifié, mais pas encore le point précis de la fuite qui durait assurément depuis des semaines, sans avoir été détectée. Mais comment et pour quelle raison un des réservoirs d’eau hautement radioactive de la centrale de Fukushima a-t-il laissé filer 300 tonnes d’eau ? Nul n’en sait rien, pas même Tepco. La «cause de la fuite existe probablement sur d’autres réservoirs», a par ailleurs reconnu un vice-président de Tepco, Zengo Aizawa.

Dans le passé, quatre autres fuites avaient déjà été constatées. Elles étaient de moindre ampleur, mais vraisemblablement liées à des problèmes de jointures.
Interrogé sur la résistance des matériaux aux éléments radioactifs contenus dans l’eau, un porte-parole de Tepco s’est borné à indiquer : «ces réservoirs ne sont pas seulement prévus pour stocker de l’eau propre, mais aussi de l’eau souillée».

Ces énormes pièces, de 11 mètres de haut sur 12 mètres de large, peuvent chacune stocker 1000 tonnes d’eau, soit le tiers d’une piscine olympique. Constitués de plaques d’acier, ces réservoirs sont assemblés et scellés sur place, avec des joints de caoutchouc expansé. «Ces modèles ont été choisis parce qu’ils pouvaient être livrés et montés rapidement», a avoué Tepco.

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