Publié par : Sibylline | juillet 24, 2013

Quelques règles pour préserver l’estran (Charente Maritime)

Marées. Les gros coefficients attirent de nombreux pêcheurs… plus ou moins expérimentés. L’association Iodde leur rappelle quelques règles de bonne conduite

24 Juillet 2013 (léa gasquet). Jusqu’à jeudi, les gros coefficients de marées – entre 102 et 108 – promettent des balades fructueuses pour les pêcheurs à pied. Il suffit d’une paire de bottes, d’un panier et d’un peu de patience pour cueillir son déjeuner entre les algues et les blocs rocheux. Mais pas n’importe comment ! Si la pêche à pied est ouverte à tous, elle est encadrée par des règles afin de préserver le milieu et les espèces.

Depuis 2005, l’association Iodde – pour Île d’Oléron développement durable environnement – mène des actions de sensibilisation auprès des pêcheurs pendant les grandes marées. Conseils ou distribution de réglettes et de dépliants, les bénévoles vont à la rencontre des vacanciers et des habitués pour les informer.

Bénévoles à pied d’oeuvre

Hier matin, neuf bénévoles se sont retrouvés à l’aube pour faire le point sur les priorités : le retournement des roches et la nouvelle réglementation pour l’étrille. Jean-Baptiste, le coordinateur de l’association, rappelle : « On compte environ 50 000 pêcheurs à pied par an sur l’île d’Oléron. Ça fait beaucoup de rochers retournés. » En effet, pour dénicher crabes et bigorneaux, les « baignasoutes » ont la fâcheuse manie de soulever les rochers et de les laisser ainsi, sens dessus dessous. « Les algues s’envasent et les éponges dépérissent au soleil. Or, c’est la base de l’alimentation des crabes. »

Pour les étrilles, la taille minimale autorisée à la pêche a d’ailleurs changé cet hiver. Elles doivent désormais mesurer au moins 6,5 cm de largeur. Mais cela, même les pêcheurs expérimentés ne le savent pas toujours. La mission de sensibilisation n’est donc pas destinée qu’aux débutants.

Le briefing terminé, les bénévoles se déploient sur l’estran. Outre la réglementation, c’est aussi à l’importance de la biodiversité qu’il faut sensibiliser les esprits. « Sur un seul rocher, il y a plus de 80 espèces vivantes », explique Bertrand, un autre bénévole. L’estran est un écosystème incroyablement riche qu’il convient de préserver.

Démonstration avec un père et son fils, armés de griffes à palourdes. Bredouilles, ils se sont rabattus sur les petits crabes. « Celui que vous avez attrapé est tout mou, ça signifie qu’il vient de muer. Il n’y a pas grand-chose à manger là-dedans, que de l’eau », explique Bertrand aux vacanciers, attentifs. « Pour les étrilles je vous conseille plutôt les grands rochers plats. »

Freddy trouve l’intervention de Bertrand instructive. Ce vacancier du Nord-Pas-de-Calais connaît la réglementation chez lui mais pas ici. « On ne peut pas faire n’importe quoi, sinon on détruirait tout », reconnaît-il. Mission réussie ! On ne se souhaite pas bonne pêche, ça porte malheur.

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