Publié par : Sibylline | juillet 24, 2013

La Rochelle : des requins-taupes marqués pour être suivis dans leurs déplacements (Charente Maritime)

La balise installée. Photo Ifremer/Gérard Biais

La balise installée. Photo Ifremer/Gérard Biais

Une équipe de l’Ifremer a marqué neuf requins-taupes, en vue de mieux connaître l’itinéraire de cette espèce lors de ses grandes migrations.

24 Juillet 2013 (Frédéric Zabalza). La traque des requins menée au début de l’été aux abords du golfe de Gascogne n’a rien de commun avec la chasse qui a lieu actuellement à La Réunion. D’abord, l’objectif n’était pas l’éradication d’individus représentant un danger pour l’homme. Ensuite, l’espèce recherchée, le requin-taupe (Ndlr Sibylline : requin taupe commun (Lamna nasus) en la situation, sachant qu’il existe aussi le requin taupe bleu (Isurus oxyrinchus) dans nos eaux), connu sur les étals sous le nom de veau de mer, est moins prédatrice que proie. Raison pour laquelle sa pêche a été interdite en 2010 par l’Union européenne. Au contraire, c’est pour mieux connaître ce lamnidé, reconnaissable à son rostre, qu’une équipe de scientifiques de l’Ifremer, parmi lesquels Gérard Biais, chercheur à la station de La Rochelle, s’est embarquée à bord du palangrier « Fille du Suet » aux Sables-d’Olonne, pour une mission de marquage au large de l’île d’Yeu et de Belle-Île.

Des adultes de 2,30 mètres
« L’opération s’est bien déroulée. Nous avons mis sept jours au lieu des douze prévus, remarque Gérard Biais. Nous avons capturé neuf requins adultes, des femelles mesurant au minimum 2,30 mètres, qui vont nous permettre de mieux connaître le cycle de vie de cette espèce qui a l’habitude de se rassembler pendant la période de reproduction. C’est la deuxième fois que nous effectuons un marquage. En 2011, trois requins-taupes avaient été marqués. Ils nous avaient permis d’en savoir un peu plus sur leur migration, qui peut aller des Açores, lieu traditionnel de pêche, jusque dans le cercle polaire. L’une des balises avait été signalée au nord de l’Écosse », explique le chercheur. Les neuf requins-taupes ont été relâchés dans l’océan, à 200 kilomètres des côtes françaises, avec une balise satellite programmée pour se détacher, en principe, dans un an. Elle remontera alors à la surface et transmettra ses données (température de l’eau, luminosité…) aux scientifiques qui pourront ainsi reconstituer leur itinéraire.

Espèce en régression
« Dans l’immédiat, il s’agit de connaître les migrations du requin-taupe. À partir de quoi nous pourrons élaborer un protocole de suivi de l’abondance de ces requins, c’est-à-dire un diagnostic de l’état de la population. La reprise de la pêche de cette espèce ne pourra pas se faire sans un suivi préalable du stock », assure Gérard Biais.

Opération financée par le Comité régional des pêches des Pays de la Loire, ce marquage lèvera un voile sur la vie d’une espèce en forte régression ces dernières décennies, qui semblait même avoir disparu d’une partie de son aire potentielle de vie, mais n’était pas considérée pour autant comme menacée. Le destin funeste d’un poisson très prisé, notamment en France, pour sa chair rose, ses ailerons et son huile.

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