Publié par : Sibylline | juin 17, 2013

Des spécialistes tentent de sauver une baleine en péril dans le Saint-Laurent (Québec)

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Capitaine Crochet, un rorqual commun de 60 tonnes, est empêtré dans un casier de pêche au crabe d’un diamètre de six pieds solidement fixé à la tête. Photo fournie par le GREMM

17 Juin 2013. (Rivière-du-Loup) «Capitaine Crochet s’est empêtré dans une cage. Il est en danger.» Longtemps capitaine d’observation des baleines chez AML, Denis Bouliane, de Québec, avait presque les larmes aux yeux lorsqu’il a informé Le Soleil de la situation critique que vit Capitaine Crochet, un rorqual commun de 60 tonnes qu’une équipe d’une quinzaine de spécialistes tente en vain de libérer de sa fâcheuse position depuis plus d’une semaine.

«Nous avons perdu sa trace vendredi. La baleine a été vue pour la dernière fois jeudi dans le secteur de Longue-Rive», explique Robert Michaud du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). «Peut-être s’est-elle simplement éloignée pour se nourrir, mais nous ne savons pas si elle peut le faire à cause de cette cage.»

Capitaine Crochet, ainsi nommé à cause de la forme de sa nageoire dorsale qui rappelle celle d’un crochet, est une baleine-vedette qui fréquente les eaux du Saint-Laurent régulièrement depuis plus de 20 ans, quelquefois en ramenant un petit.

La baleine a été localisée le 6 juin au large de Tadoussac, un casier de pêche au crabe d’un diamètre de six pieds solidement fixé à la tête. «Des photos aériennes ont permis de confirmer qu’il s’agit d’un cas sévère d’empêtrement accidentel. Nous croyons que ça a pu se produire trois semaines auparavant», poursuit M. Michaud.

Durant plusieurs jours, on a tenté d’accrocher une bouée télémétrique sur l’engin de pêche. Celle-ci permettrait de localiser plus rapidement la baleine. Son poids, jumelé à celui des ballons-bouées, pourrait aussi, espère-t-on, créer une pression suffisante pour casser la corde qui maintient la cage en place et ainsi libérer l’animal.

«C’est très difficile de l’approcher. La baleine est stressée et se déplace très rapidement. Le rorqual commun est un chasseur de poissons, donc très rapide, même si c’est le deuxième plus gros animal de la planète avec ses 20 mètres de longueur et ses 60 tonnes. Elle croit que nous voulons la chasser, alors qu’on veut l’aider», note M. Michaud.

Les guides, les capitaines, le personnel du Parc marin et du GREMM connaissent très bien ce rorqual commun et s’inquiètent de son sort. «Je comprends très bien la réaction émotive de M. Bouliane, un grand capitaine avec beaucoup de coeur. Les croisiéristes d’observation qui passent de longues heures en mer développent une sorte d’attachement pour ces animaux. Tous espèrent qu’on pourra la sauver», conclut M. Michaud, précisant que généralement, les animaux ainsi empêtrés finissent presque tous par mourir.

«L’espoir de survie est par contre excellent chez celles qui sont libérées. Alors oui, l’effort vaut la peine.» Si vous voyez la baleine, composez le 1 877 722-5346. On répertorie annuellement entre 3 et 20 cas de baleines prises dans des engins de pêche. En 2009, Tryphon, le premier cachalot aperçu dans les limites du Parc marin en 1991, a été découvert empêtré dans des casiers, à Sept-Îles. Libéré, il s’est tout de même échoué sur l’île Saint-Barnabé… avec une corde enroulée 42 fois autour de sa mâchoire inférieure.

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