Publié par : Sibylline | mai 19, 2013

Quand les sismomètres permettent de suivre le déplacement des baleines (côte Nord Ouest, Etats-Unis)

earthshaking-calls-whales19 Mai 2013 (Frédéric Belnet). Des chercheurs américains ont utilisé des réseaux de sismomètres sous-marins, initialement destinés à prévenir les tremblements de terre près des côtes, pour analyser le chant des baleines et retracer leurs déplacements. Leur étude a été publiée dans le Journal of the Acoustical Society of America.

Il y a une dizaine d’années, des sismomètres ont été installés en profondeur sur la dorsale Juan de Fuca dans le Pacifique. Cette zone, située au large des côtes de l’état de Washington est sismiquement active. Mais se mêlant aux bruits de la croûte terrestre, une profusion de chants de baleines – des rorquals communs, en l’occurrence – perturbait l’écoute.

Ces chants ont alors été considérés, au début, comme une nuisance par les chercheurs de l’Université du Washington. Puis, en 2008, ces océanographes, dirigés par William Wilcock, ont eu l’idée d’utiliser ces enregistrements pour localiser ces cétacés et étudier leur comportement.

Un chant bruyant, facilement localisable

À partir de huit sismomètres dispersés sur la faille, Dax Soule, doctorant à l’université, a pu traiter 300.000 appels de baleines et reconstituer l’itinéraire de 154 individus. Peu mélodieux, le chant du rorqual commun est, en revanche, facile à détecter, grâce aux instruments de surveillance et à l’analyse par ordinateur.

Michelle Weirathmueller, également doctorante à l’Université du Washington, a utilisé les triangulations de son confrère pour déterminer l’amplitude du volume sonore des chants. Ces derniers peuvent monter jusqu’à 190 décibels, soit le bruit d’un moteur à réaction. Doté de ce nouveau paramètre, les chercheurs espèrent pister les baleines via d’autres réseaux de sismomètres nord-américains.

« Nous aimerions savoir où les rorquals communs se trouvent à un moment donné et comment leur présence pourrait être liée à la disponibilité alimentaire, aux conditions océaniques et à la géologie du fond marin », explique Michelle Weirathmueller. Utiliser pour ce faire les données de capteurs de tremblements de terre semble donc un moyen peu coûteux et non invasif.

Source

Ndlr Sibylline : le sismomètre est un capteur de mouvements du sol et fait partie, avec le sismogramme, d’un appareil appelé sismographe. Ce ne sont donc pas les sismomètres qui enregistrent les chants des baleines mais des récepteurs acoustiques, couplés à d’autres appareils de mesures tels les sismomètres, entre autres, le tout au sein d’un réseau disposé sur le plancher océanique de la plaque Juan de Fuca. Ce câblage de 800 km a été appelé réseau NEPTUNE, acronyme de « North-East Pacific Time-series Undersea Networked Experiments »

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Réf. : Fin whale tracks recorded by a seismic network on the Juan de Fuca Ridge, Northeast Pacific Ocean, J. Acoust. Soc. Am. Volume 133, Issue 3, pp. 1751-1761 (2013); (11 pages), Dax C. Soule and William S. D. Wilcock

School of Oceanography, University of Washington, P.O. Box 357940, Seattle, Washington 98195


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