Publié par : Sibylline | mai 8, 2013

Attaque mortelle de requin à St-Gilles : « La houle rentrait et l’eau était trouble » (île de la Réunion)

morsure-requin-Reunion8 Mai 2013 (Gabriel Kenedi). Un bodyboarder métropolitain de 36 ans, venu avec sa femme et son enfant de 18 mois en vacances pour passer une lune de miel, est décédé des suites d’une attaque de requin, survenu en début d’après-midi, aux alentours de 12h20, alors qu’il surfait sur le spot des Brisants, à Saint-Gilles.

D’après les premiers éléments, l’homme aurait eu un poignet sectionné et une cuisse arrachée par les morsures du requin.  L’homme était originaire de Morteau (Franche-Comté). Sa femme, présente sur la plage au moment des faits, a été prise en charge par les secours, en état de choc.

Cette nouvelle attaque mortelle intervient alors que les conditions n’étaient pas réunies pour pratiquer de manière sécurisée le surf. La houle était présente, et il y avait un manque de visibilité. C’est pour cette raison que l’association Prévention Requin Réunion, en accord avec le Radical Surf Club, ont décidé d’annuler leur session de surf libre, encadrée par des vigies, qui se tiennent chaque mercredi et chaque samedi, dès 9h du matin.

« 8 à 9 chances sur 10 pour survienne un problème avec les requins »

Les Maître Nageurs Sauveteurs de la plage avaient d’ailleurs hissé le drapeau orange requin, qui signifie que toutes les conditions étaient réunies pour la présence de squale dans le secteur. Le président de PRR, Loris Gasbarre, confirme : « Sur une échelle de 1 à 10, il y avait 8 à 9 chances sur 10 pour que survienne un problème avec les requins. La houle rentrait et l’eau était trouble« , estime-t-il.

Cela n’a pas empêché une quinzaine de surfeurs et de bodyboarders, âgés de 8 à 16 ans, de se mettre à l’eau ce matin, avant que l’attaque ne survienne. « Malheureusement, nos messages de prévention ne sont pas toujours respectés. Peut-être que cet homme, qui était un touriste, n’était pas bien informé », ajoute Loris Gasbarre.

Au moment de l’attaque, il semblerait qu’ils étaient trois à quatre personnes à être à l’eau, d’après nos informations. L’homme s’est ensuite isolé en choisissant d’aller chercher les vagues « au 3è pics », plus loin du rivage. Les autres pratiquants présents dans l’eau étaient restés plus près du rivage, au 2è pics. Ceux-ci auraient d’ailleurs conseillé au jeune bodyboarder de 35 ans de ne pas aller aussi loin. C’est donc au moment où il se trouvait seul et le plus éloigné du rivage qu’il a été chargé par un squale.

« L’homme était décédé quand il a été sorti de l’eau »

Malgré une rapide intervention des secours, qui sont arrivés quelques minutes à peine après l’attaque, l’homme n’a pas pu s’en sortir. « L’homme était décédé quand il a été sorti de l’eau« , précise Dominique Polo, chef d’escadron à la gendarmerie de Saint-Paul.

Après l’attaque, survenue vers 12h20, les secours ont déplacé le corps de la victime sur le port de Plaisance, au niveau de la plage des Roches Noires. Celle-ce a été évacuée par la gendarmerie, le drapeau rouge requins hissé. Un hélicoptère de la gendarmerie a ensuite survolé les lieux pour repérer une éventuelle présence de squales.

Le maire adjoint de Saint-Paul, Emmanuel Séraphin, s’est rendu sur place, notamment pour rendre visite aux MNS, « très choqués » par ce drame.  « Je tiens à saluer le travail des maîtres nageurs sauveteurs de la mairie de Saint-Paul »,  explique Emmanuel Séraphin, adjoint à la mairie de Saint-Paul, qui s’est rendu sur place. « Un MNS s’est jeté à l’eau pour tenter d’essayer de sauver le surfeur« , a-t-il ajouté. Une cellule psychologique a été mise en place pour les Maîtres Nageurs Sauveteurs.

« L’enquête déterminera s’il y a eu imprudence’

Emmanuel Séraphin rappelle que l’hiver austral est une période dangereuse pour surfeurs :  « On rentre dans une période d’hiver austral. On sait que les attaques sont fréquentes. On a mis en place des procédures pour informer les usagers, on a mis des plages avaec les vigies pour que les gens puissent surfer dans de meilleures conditions…« , rappelle Emmanuel Séraphin, qui appelle à la plus grand vigilance.

« L’enquête déterminera s’il y a eu imprudence ou pas et les circonstances exactes de cette attaque« , a informé pour sa part Dominique Polo, de l’escadron de la gendarmerie de Saint-Paul. D’après les premiers éléments, il semblerait donc bien que toutes les règles de prudence n’aient pas été respectées.

Source


Catégories

%d blogueurs aiment cette page :