Publié par : Sibylline | mai 5, 2013

Un missile M51 détruit après son décollage (Finistère)

Le sous-marin 'Le Vigilant" en janvier 2006 © Sipa / Sipa

Le sous-marin ‘Le Vigilant » en janvier 2006 © Sipa / Sipa

5 Mai 2013 (AFP). L’essai lancé dans le Finistère depuis un sous-marin est un échec selon la préfecture maritime.

L’essai dimanche matin d’un tir de missile M51, sans charge nucléaire, qui s’est « autodétruit » peu après son décollage d’un sous-marin nucléaire dans le Finistère, est « un échec », a admis dimanche la préfecture maritime à Brest. Selon le ministre de la Défense, il s’agit du « premier échec » du genre « depuis 1996 ».

« C’est un échec dont une enquête devra déterminer les raisons », a déclaré lors d’un point de presse le capitaine de corvette Lionel Delort, officier de communication de la préfecture maritime de l’Atlantique. Le missile « s’est autodétruit dans la première phase de propulsion » du vol, « pour une raison inconnue », a précisé l’officier.

Premier échec depuis 1996

La sortie du missile depuis le Le Vigilant, un sous-marin nucléaire lanceur d’engin (SNLE), s’était « déroulée normalement », a précisé le ministère de la Défense. « Il s’agit du premier échec depuis 1996 », a ajouté le ministère.

Le tir a été effectué à 9 h 30. Après son autodestruction en vol, « il n’y a pas d’impact environnemental avéré sur ce tir ni d’impact sur la population puisque ce tir a eu lieu en mer et que la zone de retombée des débris se trouve dans une zone d’exclusion » qui avait été spécialement délimitée pour cet essai, a ajouté l’officier de communication. »Ces débris sont en train d’être récupérés par la préfecture maritime, par moyens nautiques et aériens que nous mettons en oeuvre actuellement », a-t-il précisé.

Missile intercontinental

Le M51 est un missile intercontinental destiné aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de nouvelle génération. D’une hauteur de 12 mètres et d’un poids maximal de 56 tonnes avec ses six têtes nucléaires, le M51 disposera, par rapport aux M45 actuels, d’une portée sensiblement accrue (de l’ordre de 8 000 km contre 6 000 km) et d’une précision améliorée.

Il s’agissait du 6e tir d’essai du M51, trois ayant été effectués depuis des installations terrestres, trois depuis un sous-marin, en comptant celui effectué ce dimanche.

Ndlr Sibylline : « il n’y a pas d’impact environnemental avéré » : comprendre qu’il y a une possibilité d’impact mais que nulle étude ayant été conduite en la matière, vous n’en saurez jamais rien. A ce sujet, nous invitons les personnes de la zone à effectuer des promenades le long de la côte, si possible après chaque marée (au moins celle de jour + tôt le matin) afin de nous indiquer la présence d’éventuelles carcasses de cétacés. Des clichés (vue de dessus, latérale, nageoires, tête et présence de blessures le cas échéant) des animaux ainsi que leur taille nous permettent d’avoir de précieuses informations. En effet, nous sommes en droit de penser que si des personnes à terre ont ressenti une onde de choc à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu de l’impact des morceaux du missile (Des témoins racontent avoir senti le sol vibrer ou entendu un « gros bruit »), l’onde acoustique a dû être particulièrement violente et à l’origine probable d’une morbidité/mortalité sur la faune marine.

Par ailleurs, le missile s’étant auto-détruit en début de course, il était donc chargé de la quasi totalité de son carburant (propergol solide (perchlorate d’ammonium), qui se présente sous la forme d’une gomme grisâtre). Quels risques pour l’océan par rapport à son comportement chimique avec l’eau de mer et sa quantité (toxicité dépendante de la concentration/effet dilution, etc…) ?

A titre additionnel, cet « échec » coûte 120 millions d’euros au contribuable (somme équivalente au tiers du montant estimé du déficit des hôpitaux en 2012).

Davantage d’informations sur le missile M51 (source) : à trois étages, d’une hauteur de 12 mètres, d’une masse totale supérieure à 50 tonnes (56 maximum, contre 35 tonnes pour le missile M45) il a été conçu afin de pouvoir être lancé depuis un sous-marin en plongée. Éjecté par un système de chasse à poudre, le missile jaillit de l’eau puis allume son moteur à quelques dizaines de mètres de la surface.

Ses étages sont dotés de propulseurs équipés de tuyères à butées flexibles, développant 180 tonnes de poussée, ce qui lui permet d’atteindre la vitesse de Mach 15 (19 000 km/h).

© Astrium

© Astrium

Un tir de missile M51 en préparation

Tir de M51 depuis Le Terrible en 2010 (© : DGA)

Tir de M51 depuis Le Terrible en 2010 (© : DGA)

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