Publié par : Sibylline | septembre 24, 2012

Plus de 200 personnes à la conférence sur la pêche à la baleine – Binic (Côtes d’Armor)

Lundi 24 septembre 2012. Avec un public de plus de 200 personnes, l’Estran a pratiquement fait salle comble, samedi, pour la conférence organisée dans le cadre des Journées du patrimoine, en quelque sorte le point d’orgue de ces journées dédiées à la chasse à la baleine, épisode plutôt méconnu de l’histoire maritime de Binic.

Tout un chacun connaît la grande pêche morutière à Terre-Neuve et Islande, mais la pêche à la baleine reste un pan plus « confidentiel » de son histoire. Cette conférence, animée par Yveline Bodin pour les Bistrots de l’histoire, avait donc comme objectif d’apporter un éclairage particulier sur cette épopée baleinière.

Une conférence en trois volets

Sur la base de trois thèmes développés par des intervenants de grande notoriété dans ce domaine. Première intervention, celle de Guy Prigent, ethnologue costarmoricain spécialiste du patrimoine maritime sous toutes ses formes. Ensuite, une immersion au coeur du sujet avec le Havrais Etienne Bernet, secrétaire de l’association Fécamp Terre-Neuve. Enfin, Christian Querré, écrivain et historien de Binic, avec l’évocation de l’épopée baleinière de Binic.

Guy Prigent plante le décor maritime des Côtes-d’Armor

Un exposé illustré par la projection d’images d’archives, de photos, qui a abordé toutes les facettes de l’activité littorale et maritime des Côtes-d’Armor, où la pêche côtière est restée vivrière jusqu’au milieu du XX e siècle. Tout ce qui était pêché, sur les côtes ou sur l’estran, était surtout destiné à faire vivre la population locale, tout ce que le littoral produisait comme ressources minérales et végétales servait à l’amendement des sols ou à la construction des jetées portuaires. C’est sur les mers lointaines que la pêche va connaître son épisode « commercial », avec les expéditions morutières et baleinières.

Le Havre, tête de pont de la chasse à la baleine

Étienne Bernet a permis au public de découvrir l’importance du Havre dans l’histoire de la chasse à la baleine, ainsi que le rôle joué par les Américains (dont le célèbre Jérémiah Winslow) dans son développement au XIX e siècle. Une chasse très lucrative dont l’objectif essentiel était la production d’huile pour l’éclairage. En quarante-sept ans, de 1817 à 1864, Le Havre, premier port baleinier français, a armé pour la chasse à la baleine plus de 450 navires, faisant la fortune du port et de ses armateurs.

L’aventure de Louis Marie, armateur baleinier binicais

Car c’est bien un armateur binicais du nom de Louis Marie qui arma deux navires baleiniers, « L’Entreprenant » en 1833 puis « Le Persévérant » en 1838, pour chasser les baleines dans les mers du Sud, en Afrique puis en Australie. Chacun de ces navires eut une origine singulière ou un destin tragique… « Le Persévérant » a en effet terminé sa course dans un naufrage ravageur, après avoir perdu plusieurs hommes du scorbut : seuls 10 marins en sont revenus sains et saufs, sur un équipage qui en comptait 27 au départ… Sous forme de questions réponses entre l’animatrice et Christian Querré, ce dernier volet de la conférence a été particulièrement vivant.

Entre chaque intervention, le public avait droit à une pause musicale avec les chants de marins baleiniers du groupe Fortune de Mer, qui ont été fort appréciés. Une conférence qui a conquis, captivé le public et suscité de nombreuses questions : une belle réussite.

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