Publié par : Sibylline | juillet 10, 2012

Pêcheurs, gardez un œil sur les raies brunettes

Depuis mi-avril, 2 000 raies ont été marquées du côté de La Rochelle, Royan et la Cotinière. (photo Eric Longuemare, pompée par SO)

Le château Le Centre régional d’expérimentation et d’application agricole a lancé une étude sur cette espèce interdite à la pêche pour, peut-être, faire évoluer la legislation

10 Juillet 2012 (hélène lancial). Je suis facilement repérable avec mes lignes sombres sur le dos et mes petites tâches blanches, je me glisse souvent dans vos filets mais je suis interdite à la pêche depuis 2009, je suis, je suis… la raie brunette ! « Elle est interdite à la pêche sur toutes les côtes européennes car l’Europe applique le principe de précaution, mais on ne possède pas assez d’informations sur cette espèce », selon Cédric Hennache, chargé d’étude halieutique au centre régional d’expérimentation et d’application aquacole (Creaa) du Château-d’Oléron.

Un marquage

La première étape de l’étude lancée par le Creaa avait débuté en décembre dernier, quand une soixantaine de raies brunettes avaient été marquées et relâchées au nord de l’île d’Oléron. « Le but est d’étudier la dispersion de l’espèce, dans un premier temps, pour ensuite évaluer son abondance. Depuis mi-avril, 2 000 raies ont été marquées du côté de La Rochelle, Royan et la Cotinière. »

Pour mener à bien l’étude, la contribution des pêcheurs, qu’ils soient professionnels ou non, est capitale. Ces derniers peuvent réaliser eux-mêmes le marquage des raies qui se faufilent dans leur filet. Il suffit pour ça de se munir du kit fourni par le Creaa et d’appliquer une petite pastille rose sur l’aile du poisson avant de le remettre à l’eau. « Et si les pêcheurs tombent sur des raies déjà marquées il faut qu’ils nous contactent. Sur la pastille rose, ils trouveront un numéro de téléphone ou l’adresse d’un site Internet sur lequel ils peuvent remplir un formulaire en ligne », détaille Cédric Hennache. Afin que l’étude soit bien menée, un observateur est aussi présent sur certains bateaux pour une analyse plus poussée des raies.

« C’est l’incompréhension qui prime chez les pêcheurs face à cette interdiction, explique le chercheur, puisque selon eux, la brunette est là en abondance dans leurs filets. » Cependant, sur les côtes du sud-ouest, la pêche à la raie est surtout une pêche de complément et non pas une pêche spécifique comme c’est le cas sur les côtes de la Manche.

« Mais les pêcheurs doivent adapter leur méthode de travail pour éviter de capturer la brunette qui mange souvent en premier les appâts qu’ils posent. »

« Un manque à gagner »

Les conséquences économiques de cette interdiction sont finalement difficiles à évaluer « mais ça représente un manque à gagner certain, assure-t-il, les professionnels accepteraient de se tenir à des quotas ou de ne pêcher la raie que sur une période donnée ». Mais pour ça il faudra attendre la fin de l’étude qui n’est pas prévue avant la fin de l’année 2015, et rien ne dit que les résultats qui seront transmis à l’Europe feront changer les choses.

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