Publié par : Sibylline | février 24, 2012

Arcachon : nouvelles contraintes pour les pêcheurs (Gironde)

24 Février 2012 (sabine menet). Le comité local distribue depuis hier les bagues de marquage et les pavillons dont doivent s’équiper les pêcheurs.

C’est une double contrainte qui s’applique depuis hier aux pêcheurs. Imposée par les normes européennes et renforcée par la volonté du Comité régional des maritimes et des élevages marins (CRPMEM), ex-comité local, d’assurer une gestion optimale des ressources. Sur le port, les 104 professionnels, pêcheurs et CMP (ostréiculteurs et pêcheurs) ont jusqu’à ce soir pour récupérer leurs caisses contenant des bagues de marquage et des pavillons estampillés de l’immatriculation du navire (1).

« Arcachon est le premier port à appliquer la directive européenne », commente Jean-Michel Labrousse, le président du comité. Cette directive prévoit que chaque matériel de pêche et notamment les filets et les casiers soient identifiés et donc marqués. Le but étant de faciliter les contrôles. À cet exercice imposé, le comité en a rajouté un autre en limitant le nombre de bagues par pêcheur. L’idée étant là de clairement répondre aux accusations de surpêches dont fait l’objet la profession.

Quid des vols ?

« C’est très bien », commentait hier matin Stéphane Burdin en venant chercher sa caisse et ses 150 bagues. Le pêcheur estime que ce système permettra de réguler les pratiques. « On se limite de nous-mêmes mais il y en a toujours pour poser deux fois, dix fois plus de filets… Là, avec les contrôles qui ne manqueront pas d’être faits, cela va changer les choses. »

Le pêcheur met toutefois un bémol à son propos : la facturation des bagues et l’obligation faite aux professionnels de les racheter en cas de perte ou de vol. Et à raison de 2 euros la bague, le compte peut vite s’élever. Les vols de filets étant une réalité.

Étude des récifs artificiels

Si les pêcheurs ont jusqu’au 13 mars pour se mettre en conformité, le comité local a souhaité prendre les devant. « Au départ, les pêcheurs y étaient plutôt hostiles », reconnaît Jean-Michel Labrousse. « Quant aux autres comités, quand ils ont vu que l’on s’y mettait les premiers, ils nous ont contactés. »

Alors que la distribution avait commencé sur le quai, hier matin, le comité avançait dans un autre grand dossier : celui du projet de création de récifs artificiels dédiés à la pêche. « La commission a choisi un cabinet, Créocéan (basé à La Rochelle, NDLR) pour mener cette étude d’opportunité. » Ce genre de récifs existe sur l’île d’Yeu et fait également l’objet d’un projet dans les Landes.

Récupérer les œufs de seiche

Dans l’après-midi, alors que la distribution se poursuivait dehors, le comité s’est penché sur un autre grand chantier : celui de la récupération des œufs de seiche. Projet mené en partenariat avec l’Agence des aires marines protégées et qui consiste à faire éclore les œufs de seiche qui sont accrochés sur les casiers (1). Ce qui a déjà été mis en place par le comité local des pêches d’Auray-Vannes dans le Morbihan. « Ce que l’on sait peu, c’est que la seiche ne vit qu’un an », rappelle Jean-Michel Labrousse qui, avec ce projet reste dans la démarche affirmée de mieux gérer les ressources et les stocks de pêche existant.

(1) Notre édition du 10/02/12.

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