Publié par : Sibylline | juin 3, 2011

La plaie des déchets portuaires

David Beaulieu déplore le manque d'organisation de la filière des déchets portuaires. photo p. b.

3 juin 2011. Créée il y a dix ans, l’association rochelaise Eco-Mer s’est donné pour objectif de « faire avancer l’écologie maritime ». Loin des mots, son président, David Beaulieu, préfère les actes. Aussi, lorsqu’il désigne le seul volet des déchets portuaires, il tord très vite le nez. « Avec ces dix ans de recul, je constate qu’il n’y a pas beaucoup d’efforts réalisés. Or, il ne faut jamais perdre de vue que la mer est l’ultime réceptacle de tous nos comportements. » Sous-entendu, les plus mauvais.

À son modeste échelon départemental, Eco-Mer tente d’infléchir les pratiques pour inciter à des usages responsables. Un travail en profondeur qui lui a valu d’être chargée par le Conseil général de la Charente-Maritime de réaliser une analyse environnementale de ses ports. 48 abris et points de débarquement au total qu’Eco-Mer a passés au peigne fin. Un travail méthodique, qui a accouché d’un guide de gestion des déchets portuaires : ceux caractéristiques de la plaisance (boues de carénage, pinceaux, rouleaux, résine, peintures, vernis) ; de la pêche professionnelle (filets, palettes, hameçons, câbles, chaînes, caisses en polystyrène, gants et torchons souillés, produits mécaniques) ; et enfin, les déchets de la conchyliculture (casiers, barres d’acier, ardoises, poches).

« Dans ce guide, nous avons recensé tous les déchets produits par les activités maritimes professionnelles et de loisirs. Et, pour chacun d’eux, nous indiquons quelle est la filière de valorisation. »

L’exemple des fusées

Le constat est édifiant : « Manque d’implication des acteurs, multiplicité d’intervenants qui dilue la responsabilisation face au problème. » Le tableau peut paraître sombre et exagéré. David Beaulieu se défend de forcer le trait : « Le paradoxe, c’est que l’on vous parle des ports du futur, des ports propres, mais on ne gère même pas correctement les ports actuels. » Et de citer en exemple ce port de plaisance qui bénéficie d’une certification environnementale ISO 14001, alors que sa pompe à essence est sur un ponton, laissant le milieu marin à la merci d’un trop-plein.

« En fait, la gestion des déchets portuaires n’est pas homogène. Et souvent, elle est fonction des moyens financiers des concessionnaires. Prenons l’exemple des fusées de détresse périmées. Cela fait dix ans que je dis qu’il faudrait un point de collecte cohérent pour que les plaisanciers sachent où les déposer. Or, que deviennent ces fusées ? On les retrouve dans les bennes à ordures. Faut-il attendre qu’un gosse se fasse péter une main pour agir ? »

Ndlr Sibylline : le guide

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